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Bourse : Pourquoi septembre 2026 inquiète davantage les investisseurs ?

10h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Historiquement, le mois de septembre représente la période la moins favorable aux actions américaines. Le S&P 500 y subit une correction moyenne de 0,7 % et clôture en hausse dans seulement 44 % des cas depuis 1950. Cette saisonnalité s’associe à des rendements obligataires élevés, une dette publique américaine supérieure à 40000 milliards de dollars et des questionnements sur la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle cette année. Toutefois, l’histoire ne permet pas de prévoir directement une baisse.

Dans une salle de marché rétrofuturiste, plusieurs investisseurs sont regroupés devant une gigantesque porte blindée portant uniquement 9 ce qui symbolise septembre. Un trader au premier plan tourne lentement la poignée. Son visage est crispé, tandis que les autres reculent avec inquiétude.

En bref

  • Septembre est historiquement le mois le moins favorable au S&P 500, avec un rendement moyen de -0,7 % depuis 1950.
  • Le contexte technique apporte un contrepoint, l’indice débutant septembre nettement au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours.
  • La hausse des rendements obligataires accentue la pression sur les valorisations, avec des taux américains à long terme particulièrement élevés.
  • La dette fédérale américaine dépasse 40000 milliards de dollars, alimentant les interrogations autour des coûts de financement.
  • Les dépenses massives consacrées à l’IA seront surveillées, notamment leur capacité à générer les revenus attendus.

Septembre affiche un rendement moyen négatif depuis 1950

La sous-performance importante des principaux indices boursiers au cours du mois de la rentrée est désignée « d’effet de septembre ». Ce scénario concerne principalement le S&P 500, mais également le Nasdaq, le Dow Jones et l Russell 2000.

Diverses interprétations sont avancées. A l’issue de la baisse estivale des volumes, les grands gestionnaires sont de retour sur le marché et réévaluent leurs positions. Plusieurs fonds rééquilibrent leur portefeuille, sécurisent des gains ou diminuent leur exposition avant la fin de leur exercice comptable.

Quelques données permettent d’effectuer une mesure de cette faiblesse saisonnière :

  • Le S&P 500 perd en moyenne 0,7 % en septembre depuis 1950 ;
  • L’indice termine le mois en hausse dans seulement 44 % des cas ;
  • Septembre est le seul mois dont le rendement moyen reste négatif sur cette période ;
  • Les replis concernent aussi régulièrement le Nasdaq et le Dow Jones.

Ces moyennes ne constituent pas une norme de marché. Une donnée conçue et construite sur de nombreuses décennies combine des périodes économiques, monétaires et géopolitiques diverses. Elle ne permet pas donc de confirmer que septembre 2026 s’achèvera dans le rouge.

Un contrepoint est même apporté par le contexte technique. Le S&P 500 a évolué de 2,6 % au cours du mois d’août et débute septembre près de 8,3 % au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours. Depuis 1950, si l’indice commence le mois au-dessus de ce seuil, son rendement moyen atteint 0,2 % d’après les données rapportées.

Les taux obligataires augmentent la pression sur les valorisations

La différence principale cette année est liée au marché obligataire. En effet, le rendement des titres du Trésor américain à dix ans progresse autour de 4,7 % alors que celui des obligations à trente ans va au-delà de 5 %.

Les statistiques du Trésor américain positionnaient ces rendements près de 4,73 % et 5,22 %. Ce sont des titres qui révèlent un faible risque de crédit, même s’ils demeurent exposés aux fluctuations de taux et à l’inflation.

Si les obligations procurent une rémunération plus élevée, les investisseurs demandent habituellement un rendement complémentaire pour garder des actions. Cette progression diminue mécaniquement la valeur actuelle des gains attendus sur plusieurs années. Les sociétés de croissance sont donc plus sensibles à une nouvelle augmentation des taux.

John Plassard, associé chez Cité Gestion, souligne cette différence dans une analyse on-chain :

Septembre sera moins un test de calendrier qu’un test de confiance.

Désormais supérieure à 40 000 milliards de dollars, la dette fédérale américaine consolide également les interrogations. Les besoins d’emprunt du gouvernement maintiennent les rendements à long terme à un niveau élevé. Ce scénario accroit le coût du financement pour l’État, les sociétés et les ménages.

Les dépenses consacrées à l’IA seront particulièrement surveillées

Les entreprises technologiques injectent des montants importants dans les puces, les centres de données et les réseaux électriques utiles à l’intelligence artificielle. Ces dépenses doivent encore produire des revenus nécessaires pour expliquer certaines capitalisations.

Un coût du capital élevé défavorise davantage les entreprises dont les bénéfices sont attendus à long terme. Une correction probable prendrait donc la forme d’une rotation sectorielle plutôt que d’un effondrement global. Les investisseurs privilégieraient les sociétés rentables, peu endettées et capables de générer automatiquement des flux de trésorerie.

La direction des marchés dépendra de diverses échéances. Ainsi, la Banque centrale européenne va rendre une décision monétaire le 10 septembre. Les 15 et 16 septembre, la Réserve fédérale se réunira. Quant à la Banque d’Angleterre, elle annoncera sa décision le 17 septembre. Les chiffres sur l’emploi et l’inflation aux États-Unis pèseront aussi les anticipations des taux.

Le mois de septembre 2026 comporte donc plusieurs risques, mais son historique défavorable n’est pas suffisant pour annoncer une baisse. La progression des rendements obligataires et les décisions des banques centrales offriront des indications plus solides que la seule saisonnalité.

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Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.