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Crypto : Eric Trump signe un engagement de non-contrôle sur la future banque de World Liberty

11h37 ▪ 5 min de lecture ▪ par Eddy S.
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Eric Trump accepte noir sur blanc de ne pas mettre les mains dans la gestion de la future banque de dépôt de World Liberty Financial. Sur le papier, un geste de bonne volonté réglementaire. Dans les faits, un dossier qui traîne déjà son lot de zones d’ombre… Entre procès crypto en cours, emprunts rappelant de mauvais souvenirs et critiques venues de tous bords politiques.

Eric Trump signe un engagement de non-contrôle sur la future banque World Liberty. Entre procès et emprunts crypto risqués… Des doutes.

En bref

  • Eric Trump, Zak Folkman et un investisseur émirati acceptent de rester à l’écart de la gestion de la future banque de World Liberty Financial.
  • Justin Sun accuse World Liberty d’avoir gelé ses tokens et bloqué ses droits de vote ; l’affaire reste devant un tribunal fédéral.
  • L’OCC a déjà validé des chartes similaires pour Ripple, Paxos, Fidelity et Coinbase, signe d’un virage pro-crypto assumé.

Crypto : Eric Trump accepte de mettre un genou à terre devant les régulateurs

Eric Trump, le co-fondateur de World Liberty Zak Folkman, et l’investisseur émirati Hamad Khalfan Ali Matar Alshamsi ont chacun accepté via des sociétés qui leur sont liées, de rester à l’écart des décisions de gestion de la future banque de dépôt fédérale du groupe. Le terme technique est « passivity commitment », un engagement de non-contrôle.

Ces accords ont été rendus publics au moment où World Liberty vient d’obtenir son approbation préliminaire de la part de l’Office of the Comptroller of the Currency. Si la charte fédérale est donc validée, l’entreprise pourrait détenir en interne les réserves de son stablecoin USD1 qui s’élève à près de 4 milliards de dollars de capitalisation, plutôt que de dépendre d’un tiers pour ça. Pour le porte-parole de World Liberty, David Wachsman, l’intention derrière cette manœuvre est que l’entreprise compte rester sous supervision fédérale pendant des années.

Le procès qui plane sur toute l’opération de World Liberty Financial

L’engagement de transparence de World Liberty Financial tombe précisément au moment où l’entreprise traîne derrière elle un lourd dossier judiciaire qui écorne son image. Justin Sun, le fondateur de Tron et le plus gros investisseur externe du projet avec 75 millions de dollars injectés, a porté plainte en avril contre World Liberty. L’entreprise aurait : 

  • Gelé la totalité de ses tokens ;
  • Privé de ses droits de vote en gouvernance ; 
  • Menacé de détruire définitivement ses avoirs. 

World Liberty a contre-attaqué, bien sûr, avec une plainte pour diffamation, accusant Justin Sun d’avoir orchestré une campagne de dénigrement après avoir lui-même enfreint ses engagements contractuels. Les deux procédures sont toujours en cours et un juge fédéral a même refusé d’envoyer l’affaire Sun devant un tribunal d’arbitrage privé.

Un autre détail alimente les doutes est une enquête publiée en avril qui révèle que World Liberty avait déposé 5 milliards de ses propres tokens WLFI sur la plateforme de prêt Dolomite, en collatéral, pour emprunter environ 75 millions de dollars en stablecoins. Le procédé a un air de déjà-vu pour tous ceux ayant suivi la chute de FTX… Utiliser son propre jeton comme garantie pour lever des fonds… un schéma d’effet de levier circulaire que plusieurs observateurs ont jugé risqué. Ce qui a nourri des critiques publiques venues de tous bords. Notamment Hunter Biden, qui dénonce aujourd’hui ce qu’il qualifie de conflit d’intérêt flagrant.

Le climat réglementaire devenu pro-crypto aux États-Unis ?

Ce dossier World Liberty ne se joue pas dans le vide car l’actuel Comptroller of the Currency, Jonathan Gould, semble avoir fait de l’approbation de nouvelles chartes bancaires l’une de ses priorités affichées. Un virage net par rapport à l’administration précédente, profondément plus frileuse face aux demandes venues du secteur crypto. Ripple, Paxos et Fidelity Digital Assets ont eux aussi décroché des approbations conditionnelles similaires en 2025. Coinbase a suivi plus tôt cette année.

Autrement dit, le climat s’est inversé. Ce qui relevait de l’exception il y a encore deux ans devient presque la norme aujourd’hui pour les grands noms de la crypto qui visent une charte bancaire fédérale. Récemment, c’est Donald Trump lui-même qui a reçu à la Maison Blanche les dirigeants de plusieurs entreprises crypto, pendant que la SEC finalisait en parallèle un cadre réglementaire plus large pour tout le secteur. 

L’engagement de non-contrôle signé par Eric Trump pour World Liberty Financial répond sur le papier aux exigences des régulateurs fédéraux. Mais entre un procès Justin Sun toujours pendant, un emprunt qui rappelle les pires heures de FTX, et des liens financiers familiaux jamais complètement dissipés… La promesse de rester « passif » peine à effacer les questions qui persistent.

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Eddy S.

Le monde évolue et l'adaptation est la meilleure arme pour survivre dans cet univers ondoyant. Community manager crypto à la base, je m'intéresse à tout ce qui touche de près ou de loin à la blockchain et ses dérivés. Dans l'optique de partager mon expérience et de faire connaître un domaine qui me passionne, rien de mieux que de rédiger des articles informatifs et décontractés à la fois.

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