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Crypto : La BCE accélère les préparatifs de l’euro numérique

18h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Lydie M.
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La Banque centrale européenne vise toujours 2029 pour une éventuelle mise en circulation de l’euro numérique. Dans un discours prononcé le 5 novembre 2026, Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, a confirmé un programme pilote de douze mois dès le second semestre 2027. Trente-six prestataires de paiement participeront aux essais. Le lancement définitif dépend toutefois de l’adoption de la législation européenne, attendue avant la fin de l’année.

Une responsable de la BCE active un calendrier géant devant une pièce d’euro numérique lumineuse.

En bref

  • La BCE vise une première émission possible de l’euro numérique en 2029.
  • Un pilote de douze mois commencera au second semestre 2027 avec 36 prestataires.
  • Treize pays de la zone euro dépendent entièrement d’acteurs étrangers pour leurs paiements par carte en magasin.

La BCE maintient son objectif de lancement en 2029

Piero Cipollone a confirmé le calendrier jeudi, lors d’une conférence consacrée aux infrastructures de paiement. La BCE avait déjà annoncé les premières étapes de l’euro numérique pour 2027. Son nouveau discours apporte des précisions sur les conditions nécessaires à une émission en 2029.

Le calendrier dépend d’abord des institutions européennes. Le Conseil de l’Union européenne a adopté sa position en décembre 2025. Le Parlement européen a suivi en juillet 2026. Les deux institutions négocient désormais avec la Commission européenne dans le cadre des discussions interinstitutionnelles.

L’objectif reste de parvenir à un accord avant le 31 décembre. Si ce calendrier est respecté, la BCE pourrait être techniquement prête à émettre l’euro numérique en 2029. La décision finale appartiendra toutefois à son Conseil des gouverneurs, après l’adoption du règlement.

Aucune émission n’a donc encore été autorisée. L’euro numérique prendra la forme d’une monnaie électronique directement émise par l’Eurosystème. Contrairement aux cryptos privées, sa valeur ne fluctuera pas librement sur les marchés crypto.

Un euro numérique vaudra un euro. Les utilisateurs pourraient effectuer des paiements en magasin, sur Internet ou entre particuliers. Le dispositif viendrait compléter les espèces et les moyens de paiement existants, sans remplacer les billets et les pièces. La BCE prévoit également des paiements sans connexion Internet, avec une utilisation de base gratuite pour les consommateurs.

Un pilote de douze mois avec 36 prestataires de paiement

La prochaine étape concrète arrivera au second semestre 2027. La BCE a sélectionné 36 prestataires de services de paiement après avoir reçu plus de 50 candidatures. Deutsche Bank, UniCredit, Revolut, Stripe et Adyen figurent parmi les participants.

Les expérimentations dureront douze mois et mobiliseront également le personnel de la BCE, celui de 19 banques centrales nationales et des commerçants sélectionnés. En septembre, l’institution avait déjà invité les commerçants européens à participer aux tests de l’euro numérique. Les candidatures ont fermé le 27 octobre, et leur examen se poursuit.

Les essais doivent reproduire des situations quotidiennes. Un employé pourra payer son repas dans une cafétéria, effectuer un achat sur un site marchand ou transférer de l’argent à un collègue. Les équipes testeront aussi les remboursements, les paiements mobiles et certaines opérations hors ligne.

La version utilisée sera expérimentale. Elle ne constituera pas encore une monnaie numérique de banque centrale ayant cours légal. Les prestataires devront notamment vérifier la rapidité des transactions, l’intégration aux systèmes bancaires et la facilité d’utilisation. L’objectif dépasse la simple démonstration technique. La BCE souhaite tester les interactions entre banques, commerçants, infrastructures de paiement et consommateurs.

Cette phase permettra aussi d’identifier les dysfonctionnements avant une éventuelle mise en circulation. Le secteur crypto suivra ces travaux, notamment en raison de la concurrence croissante entre monnaies numériques publiques, stablecoins et solutions de paiement privées.

L’Europe veut réduire sa dépendance aux réseaux étrangers

Le discours de Piero Cipollone apporte un chiffre particulièrement révélateur. Aujourd’hui, 13 pays de la zone euro dépendent entièrement d’entreprises non européennes pour les paiements par carte réalisés en magasin.

Cette dépendance concerne notamment les réseaux internationaux, dont Visa et Mastercard, largement utilisés dans les transactions quotidiennes. La BCE souhaite proposer une infrastructure européenne commune, capable de fonctionner dans tous les pays de la zone euro.

Le projet ne prévoit pas d’interdire les solutions étrangères. Il offrirait une alternative aux banques, aux commerçants et aux particuliers. L’institution souhaite également faciliter le développement de nouveaux services de paiement et préserver la souveraineté monétaire européenne.

La montée des stablecoins renforce cette préoccupation. Les principaux actifs de cette catégorie, notamment l’USDT de Tether et l’USDC de Circle, sont libellés en dollars américains. Leur adoption pourrait accentuer la place du dollar dans certains paiements numériques, même en dehors des États-Unis. L’euro numérique poursuivrait une logique différente : permettre aux habitants de la zone euro d’utiliser directement une forme numérique de monnaie de banque centrale pour leurs transactions courantes.

Le projet soulève néanmoins des interrogations sur la confidentialité des transactions, le rôle des banques commerciales et la protection des données personnelles. La BCE a déjà répondu aux préoccupations concernant la surveillance des paiements en euro numérique, sans clore tous les débats sur la vie privée. Les négociations législatives devront préciser les garanties applicables. Pour l’instant, la prochaine échéance reste le pilote de 2027. La date de 2029 demeure un objectif conditionnel, pas une décision définitive de lancement.

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Lydie M.

Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.

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