Crypto : Milei et 10 autres suspects blanchis dans l'affaire LIBRA
La justice argentine vient de blanchir Javier Milei dans le scandale crypto LIBRA. Le 23 octobre, le juge fédéral Marcelo Martínez de Giorgi a prononcé un non-lieu en faveur du président, de sa sœur Karina et de neuf autres personnes. Après 20 mois d’enquête, le magistrat estime qu’aucune fraude pénale n’a été établie. Une décision inattendue dans une affaire marquée par l’effondrement de 95 % du token et près de 100 millions de dollars retirés par quelques portefeuilles.

En bref
- Javier Milei et dix autres personnes bénéficient d’un non-lieu dans l’affaire crypto LIBRA.
- Le juge estime que la promotion du token ne suffit pas à établir une fraude.
- Des investisseurs cherchent encore à obtenir le droit de contester la décision.
La justice blanchit Milei dans le scandale crypto LIBRA
Le dossier vient de connaître un retournement majeur. Vendredi 23 octobre, Marcelo Martínez de Giorgi a rendu une décision de 60 pages mettant fin, à ce stade, aux poursuites pénales contre onze personnes impliquées dans l’affaire crypto LIBRA.
En mai 2025, la justice argentine avait pourtant levé le secret bancaire sur les comptes de Javier Milei. Les enquêteurs cherchaient alors à déterminer si le président ou son entourage avaient bénéficié financièrement du lancement du token.
Le juge vient de suivre la demande du procureur Eduardo Taiano, favorable à l’abandon des poursuites. Javier Milei, Karina Milei, l’entrepreneur américain Hayden Davis et le lobbyiste Mauricio Novelli figurent parmi les bénéficiaires de cette décision.
Pour le magistrat, les éléments réunis ne démontrent aucun mécanisme de tromperie pénalement répréhensible. La notoriété du président a certainement donné une visibilité particulière à la crypto LIBRA. Mais cette influence ne constitue pas, à elle seule, une preuve d’escroquerie.
Le dossier contenait pourtant plusieurs éléments troublants. Les enquêteurs avaient notamment retrouvé une note évoquant trois paiements totalisant 5 millions de dollars. L’expertise a confirmé son existence sur le téléphone de Novelli, sans établir qu’elle avait été transmise ou que les paiements avaient été réalisés. Des appels entre Milei et Novelli avaient également été identifiés. Leur contenu reste inconnu. Aucune de ces personnes n’avait été formellement interrogée comme suspecte avant le non-lieu.
Près de 100 millions $ retirés après le crash de LIBRA
L’affaire remonte au 14 février 2025. Ce jour-là, Javier Milei publie sur X un message présentant LIBRA comme une initiative destinée à soutenir les petites entreprises argentines.
La crypto, lancée sur Solana, explose immédiatement. Sa capitalisation dépasse 4,5 milliards de dollars avant de s’effondrer d’environ 95 % en quelques heures. Milei supprime ensuite sa publication et affirme avoir agi de bonne foi.
Les premières analyses blockchain révèlent des mouvements importants. Huit portefeuilles liés à l’équipe du projet auraient retiré près de 100 millions de dollars. Les pertes des investisseurs se chiffrent également en centaines de millions.
Dès février 2025, une enquête on-chain recensait plus de 13 000 traders perdants, pour environ 251 millions de dollars de pertes. Des documents judiciaires ultérieurs évoquent plus de 40 000 personnes ayant subi des pertes. Les deux chiffres proviennent de périmètres d’analyse différents.
Le juge ne conteste pas l’ampleur des dégâts. Il considère cependant qu’un effondrement de prix et l’enrichissement de certains acteurs ne suffisent pas à démontrer une escroquerie. Les enquêteurs devaient identifier une tromperie précise ayant directement conduit les acheteurs à investir. Cette preuve n’a pas été établie dans le dossier pénal.
Les investisseurs crypto peuvent encore relancer l’affaire
Le non-lieu représente une victoire judiciaire importante pour Milei. Le président argentin a rapidement salué la décision, dénonçant une opération politique et médiatique destinée, selon lui, à affaiblir son gouvernement.
L’opposition ne partage pas cette lecture. Maximiliano Ferraro, qui dirigeait la commission parlementaire chargée d’enquêter sur la crypto LIBRA, accuse la justice d’avoir organisé une opération de protection des personnes impliquées.
En novembre 2025, cette commission avait déjà considéré la promotion de LIBRA comme une escroquerie présumée. Le contraste est important. Le Parlement avait retenu une responsabilité politique du président. Le juge pénal estime désormais que les preuves disponibles ne permettent pas d’établir une infraction.
Un autre élément complique encore le dossier. En juillet, cinq investisseurs constitués parties plaignantes ont été exclus de la procédure. Cette décision a été confirmée en appel le 4 septembre, les magistrats estimant notamment que les acheteurs avaient volontairement accepté les risques de ce type d’investissement. Les investisseurs exclus ont depuis saisi la Cour fédérale de cassation pénale pour demander leur réintégration.
S’ils obtiennent gain de cause, ils pourraient contester le non-lieu prononcé le 23 octobre. Pour l’heure, le procureur ne semble pas disposé à faire appel, tandis qu’aucune partie plaignante n’a encore été admise dans la procédure. Javier Milei ressort donc largement renforcé de cette décision judiciaire. Mais pour les investisseurs lésés, les pertes restent bien réelles. Et dans cette affaire, le Bitcoin n’y est pour rien.
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Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
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