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Crypto : USD1 au cœur d’une plainte contre Trump et World Liberty

16h30 ▪ 5 min de lecture ▪ par Lydie M.
S'informer ▪ Regulation Crypto
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Donald Trump et World Liberty Financial font face à une nouvelle plainte autour de leurs activités crypto. J. Benjamin Greenberg, actionnaire de Circle, affirme que deux opérations crypto liées aux Émirats arabes unis ont permis au président et à ses entreprises de profiter illégalement de paiements étrangers. Les transactions contestées représentent 2,5 milliards de dollars : 500 millions pour 49 % de World Liberty et 2 milliards investis dans Binance via le stablecoin USD1.

Donald Trump se tient devant une balance de justice chargée de deux dossiers crypto sous un montant de 2,5B.

En bref

  • Un actionnaire de Circle poursuit Trump et World Liberty Financial.
  • Deux transactions crypto liées aux Émirats totalisant 2,5 milliards de dollars sont visées.
  • Circle se désolidarise de la plainte, tandis que World Liberty rejette les accusations.

Deux accords crypto de 2,5 milliards $ au cœur de la plainte

La plainte a été déposée jeudi devant un tribunal fédéral de Washington. J. Benjamin Greenberg, actionnaire de Circle et ancien salarié de l’entreprise, poursuit Donald Trump, World Liberty Financial, plusieurs sociétés affiliées ainsi que Steve Witkoff, envoyé spécial américain au Moyen-Orient.

Le premier accord crypto était déjà connu. Quelques jours avant l’investiture de Trump en janvier 2025, une société soutenue par le cheikh Tahnoon bin Zayed Al Nahyan avait accepté d’acheter 49 % de World Liberty pour 500 millions de dollars.

Tahnoon est conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis. La moitié du prix, soit 250 millions de dollars, devait être versée immédiatement. Des documents financiers publiés précédemment indiquaient qu’une part importante de cette somme devait revenir à des entités liées à la famille Trump.

La plainte affirme que Donald Trump a ensuite perçu des revenus liés à cette opération après son retour à la Maison-Blanche. Aucun tribunal n’a encore établi que ces revenus étaient illégaux.

USD1 et Binance replacent la crypto au centre du dossier

La deuxième transaction concerne MGX et Binance. En 2025, le fonds d’Abu Dhabi a investi 2 milliards de dollars dans Binance. L’opération a été réalisée avec USD1, le stablecoin lancé par World Liberty Financial. Le choix de ce stablecoin avait considérablement renforcé sa visibilité dans l’écosystème crypto. Binance a depuis développé davantage ses liens avec USD1.

Greenberg estime que cette transaction a bénéficié financièrement à World Liberty au détriment de Circle, l’entreprise derrière USDC. La plainte prend donc la forme d’une action dérivée. Greenberg agit en tant qu’actionnaire et cherche à obtenir des réparations au nom de Circle.

Circle prend pourtant ses distances. L’entreprise affirme ne pas avoir initié, dirigé ou autorisé la procédure. Le dossier ne dit pas non plus que Trump a personnellement reçu les 2 milliards de dollars investis dans Binance. Le plaignant soutient plutôt que le choix d’USD1 a généré des revenus et renforcé l’activité crypto de World Liberty. La nuance est importante.

Les activités crypto de Trump désormais devant la justice

Le cœur juridique de la plainte repose sur la Foreign Emoluments Clause de la Constitution américaine. Cette disposition limite la possibilité pour un président américain d’accepter certains avantages provenant de gouvernements étrangers sans l’accord du Congrès.

Greenberg demande au tribunal de considérer certains profits liés aux opérations crypto contestées comme des avantages étrangers interdits. Il réclame notamment une comptabilité des paiements concernés, la restitution des profits qui seraient jugés illégaux ainsi que des dommages et intérêts.

L’affaire arrive alors que la crypto occupe déjà une place importante dans les activités financières de Trump. Ses entreprises et investissements liés aux actifs numériques ont fortement contribué à la progression de sa fortune. World Liberty Financial rejette les accusations. La société affirme respecter les lois américaines et rappelle qu’aucun de ses employés ne travaille pour le gouvernement fédéral. La Maison-Blanche conteste également l’existence d’un conflit d’intérêts. Le tribunal devra maintenant déterminer si Greenberg peut démontrer un préjudice pour Circle et si les revenus issus de ces opérations crypto peuvent réellement tomber sous le coup de la clause constitutionnelle.

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Lydie M.

Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.

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