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Le mot de cette année crypto : REKT. Qu'est-ce que ça veut dire ?

dim 27 Nov 2022 ▪ 21h00 ▪ 5 min de lecture - par Mary Batshwok

On peut le dire, l’année 2022 est une année pleine de rebondissements dans la cryptosphère. Si certains ont gagné de l’argent, beaucoup se sont fait REKT. Ils ont perdu leurs fonds à cause de mauvais investissements, de scams, de faillites de CEX (exchanges centralisés) ou même tout ça à la fois. La catastrophe FTX qui suit de nombreuses autres est peut-être l’occasion de rappeler les bases pour ne plus « se faire REKT. »

REKT FTT

On peut déjà commencer par un petit rappel sur l’origine du mot REKT.

Origine et signification de REKT

REKT (ou rekt) est dérivé du mot anglais « wrecked ». C’est un terme d’argot pour définir quelque chose ou quelqu’un qui est ruiné, saccagé, anéanti. L’origine pourrait être l’utilisation de ce mot par un utilisateur, Balrogboogie, sur un forum de World of Warcraft en 2012.

Utilisé dans le gaming à l’origine, REKT est parfaitement adapté au monde impitoyable du trading : tout trader se fera au moins une fois REKT dans sa carrière. Se faire REKT, c’est donc tout perdre de manière assez brutale, voire même très brutale. Mauvais trade (avec effets de levier catastrophiques), exit scam, faillite soudaine d’un exchange, de très nombreux particuliers ont perdu des sommes colossales cette année sur le marché des cryptos. L’été a été jalonné de catastrophes et le cauchemar a atteint son apothéose avec la faillite de FTX, qui était encore il y a peu le deuxième exchange crypto après Binance.

Hack FTX coinmarketcap
L’exchange FTX a été hacké (12-13 novembre 2022)

On peut se faire REKT sans trader !

La promesse de gains faciles dans les phases de bull market attire de nombreux investisseurs particuliers. S’initiant plus ou moins bien sur internet, ils se lancent dans l’aventure avec plein d’espoir (et parfois un peu trop de cupidité) et sont des proies faciles pour les escrocs. Par confort peut-être, ces nouveaux investisseurs laissent leurs fonds sur des exchanges ou les confient à des gens plus ou moins honnêtes.

Et c’est là que réside le vrai problème : le bitcoin (BTC) est né pourtant à l’occasion de la crise des subprimes, dont le point d’orgue a été la faillite de la banque Lehman Brothers et la découverte du gigantesque Ponzi de Bernard Madoff. Le bitcoin est né pour ne plus avoir besoin d’intermédiaire bancaire ou autre tiers dits « de confiance ». Le bitcoin est né pour que les citoyens puissent procéder à des transactions entre eux, des transactions Peer-to-peer.

« J’ai essayé de vous sauver. Vous m’avez craché au visage. Si vous ne possédez pas vos clés, vous ne possédez pas vos bitcoins. (…) »

« Pas vos clés, pas vos bitcoins »

Parfois on apprend dans la douleur. Dès lors que les bitcoins et les cryptos sont sur un échange centralisé, ils n’appartiennent pas à leur propriétaire qui n’ont pas les clés privées de leurs cryptomonnaies. C’est ainsi que si l’exchange ferme ses portes ou est piraté, les utilisateurs ne peuvent plus rien faire pour récupérer leurs fonds. En tout cas, ça prendra du temps et le résultat restera incertain. Il est donc indispensable d’avoir un hardware wallet comme Bitbox, Ledger ou Trezor (il en existe beaucoup d’autres par ailleurs). Quand on n’est pas un trader averti, il est plus raisonnable d’investir régulièrement (DCA) et de posséder ses clés privées. En tout état de cause de ne pas placer tous ses fonds sur un seul exchange.

REKT CYCLES MARCHE

Si les banques en difficulté obtiennent le soutien des États (avec les impôts des citoyens) la plupart du temps (Too big too fail, signifiant que si une grande banque venait à faire faillite, cela déstabiliserait tout le système et qu’il faut donc renflouer ses caisses), il n’en est pas de même avec les exchanges de cryptomonnaies. Il n’y a donc quasiment aucune garantie de remettre la main sur ses fonds en cas de faillite. Et aucun exchange n’est à l’abri comme le montre avec fracas la terrible histoire de FTX. Cela donnera encore du grain à moudre aux détracteurs du bitcoin et des cryptomonnaies et de nouvelles raisons aux législateurs pour renforcer les contrôles. Pourtant le problème n’est pas le bitcoin (BTC), le problème vient des tiers de confiance : mauvaise gestion, piratage, corruption et cupidité. Il est temps de gérer ses fonds soi-même, d’ailleurs c’est pour ça que le bitcoin est né.

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Mary Batshwok

Subprimes, crises financières, inflation galopante, paradis fiscaux... Le bitcoin a été conçu pour plus de transparence et peut-être enfin changer la donne. J'essaie de comprendre ce nouvel environnement et tente de l'expliquer à mon tour. La route est sans doute longue, mais elle en vaut la peine.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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