Crypto : Saylor propose une Déclaration des droits numériques
Michael Saylor veut inscrire cinq libertés au cœur de l’économie crypto : créer, émettre, conserver, transférer et utiliser des actifs numériques. Dans un essai publié le 26 septembre, le président exécutif de Strategy défend une « déclaration des droits numériques » plutôt qu’un nouveau catalogue de restrictions. Son ambition va loin : permettre à 10 millions de nouvelles entreprises de lever des capitaux grâce aux marchés numériques.

En bref
- Saylor défend cinq droits applicables aux particuliers comme aux entreprises.
- Il veut permettre à 10 millions de nouvelles sociétés de lever des capitaux.
- Il estime que le marché des actifs numériques pourrait atteindre 100 000 milliards de dollars.
Cinq droits pour l’économie crypto
La proposition commence par quelque chose de simple. Les particuliers et les entreprises devraient pouvoir créer des actifs numériques, les émettre, les conserver eux-mêmes ou auprès d’un dépositaire, les transférer librement et enfin les utiliser pour payer, investir, générer un revenu ou emprunter.
Cette vision prolonge celle que Saylor défend déjà autour du bitcoin. En juin, il expliquait que Bitcoin devait rester un capital numérique sans chercher à reproduire le rendement d’Ethereum. Les produits financiers peuvent ensuite être construits autour de cet actif.
Saylor étend désormais cette logique à l’ensemble de la crypto. Pour lui, posséder un actif ne suffit pas si son propriétaire ne peut presque rien en faire. La possibilité de déplacer librement un token entre différents wallets ou prestataires compte autant que sa simple détention. Même logique pour la conservation : l’utilisateur devrait pouvoir choisir entre self-custody et service spécialisé.
Il ajoute deux conditions : la confidentialité financière et un accès pratique aux marchés. Pas seulement pour les investisseurs professionnels.
Saylor vise 10 millions de nouvelles entreprises
Le chiffre est probablement le plus ambitieux de son texte. Saylor veut que 10 millions de nouvelles entreprises puissent lever du capital. Il relie cet objectif à l’intelligence artificielle, qui devrait selon lui automatiser davantage de tâches et rendre certains produits ou métiers obsolètes. Si cette transformation accélère, de nouvelles activités devront pouvoir apparaître tout aussi vite.
Les tokens deviennent alors un outil de financement. Les actions et autres titres tokenisés occupent une place importante dans ce raisonnement. Les États-Unis viennent justement d’ouvrir davantage cette porte avec un cadre expérimental de cinq ans pour certaines actions américaines tokenisées.
Saylor veut aller plus loin. Un investisseur détenant un titre tokenisé devrait pouvoir le transférer vers un autre prestataire si celui-ci propose de meilleures conditions de crédit, de garde ou de rendement. Il défend aussi la possibilité de conserver directement ce type d’actif.
Son raisonnement repose beaucoup sur la concurrence. Si un client peut partir avec ses actifs, les dépositaires doivent se battre pour le garder. Meilleur service, coûts plus faibles, financement plus intéressant. Sur le papier, c’est assez direct.
Stablecoins et banques entrent aussi dans le plan
Saylor ne s’arrête pas aux tokens. Il veut également laisser les « dollars numériques » se concurrencer sur le rendement. Banques, fintechs et grandes plateformes technologiques pourraient les proposer directement dans leurs applications. Lorsque la loi bloque ce type d’usage, sa position est tout aussi simple : il faut changer la loi.
Le sujet est loin d’être réglé aux États-Unis. Les banques américaines cherchent depuis plusieurs mois à limiter les récompenses versées autour des stablecoins. Elles redoutent notamment une migration d’une partie des dépôts vers ces produits. Cointribune revenait récemment sur le refus des banques de céder sur les rendements des stablecoins.
Saylor défend exactement l’approche inverse : davantage de concurrence. Il mise aussi sur les banques pour accélérer l’adoption du bitcoin. Plus d’établissements proposant garde et crédit donneraient aux détenteurs de BTC davantage de possibilités d’utiliser leur capital sans le vendre. Son objectif final donne l’échelle du projet. Saylor estime que les actifs numériques pourraient former un marché de 100 000 milliards de dollars. Ce n’est pas une prévision garantie, mais l’ambition qu’il fixe à cette nouvelle architecture financière. Cinq droits, 10 millions d’entreprises et 100 000 milliards de dollars. Le programme n’est pas vraiment modeste.
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Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
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