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Le Bitcoin pourrait atteindre 1 million de dollars selon Kevin O’Leary

11h00 ▪ 8 min de lecture ▪ par Ghiles A.
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Le marché des cryptomonnaies pourrait connaître un nouveau tournant si les grandes institutions renforcent leur confiance dans les actifs numériques. Kevin O’Leary estime ainsi que le bitcoin pourrait un jour atteindre 1 million de dollars, mais il associe cette trajectoire à une condition précise : lever les doutes autour de l’informatique quantique. Lors d’un entretien au podcast The Rollup, l’investisseur a également détaillé sa vision de la tokenisation, des blockchains et des infrastructures nécessaires à l’économie numérique.

Kevin O’Leary représenté devant un symbole Bitcoin avec un objectif de 1 million de dollars affiché.

En bref

  • Kevin O’Leary estime que le bitcoin pourrait atteindre 1 million de dollars sous certaines conditions.
  • L’informatique quantique représente, selon lui, l’un des principaux risques pour la sécurité du réseau.
  • La tokenisation des actifs pourrait accélérer l’utilisation des blockchains dans la finance traditionnelle.
  • O’Leary revoit sa stratégie en privilégiant les infrastructures plutôt qu’une blockchain ou un modèle unique.
  • L’énergie, l’uranium et les petits réacteurs modulaires occupent une place croissante dans sa vision de l’économie numérique.

Un objectif de 1 million de dollars sous condition pour Bitcoin

Kevin O’Leary n’écarte donc pas l’hypothèse d’un bitcoin à 1 million de dollars. Toutefois, il ne présente pas ce niveau comme une simple conséquence de la hausse de la demande. Selon lui, les institutions doivent d’abord pouvoir écarter une menace liée aux progrès de l’informatique quantique.

Cette question concerne directement la sécurité des réseaux numériques. Un ordinateur quantique suffisamment puissant pourrait, en théorie, attaquer les mécanismes cryptographiques utilisés pour protéger les portefeuilles. Pour O’Leary, cette incertitude empêche encore certains acteurs institutionnels de considérer l’actif comme une composante centrale de leurs portefeuilles. Cette prudence explique pourquoi le prix reste secondaire dans son analyse. Pour lui, le bitcoin doit d’abord franchir le débat sur la sécurité avant de rejoindre les allocations institutionnelles.

L’investisseur estime ainsi que la résolution de ce problème pourrait changer la perception du marché. Tant que le risque reste difficile à mesurer, les grands fonds peuvent limiter leur exposition et conserver une approche prudente. Il relie donc la perspective d’une forte valorisation à une évolution technologique qui dépasse largement le seul marché des cryptomonnaies.

L’informatique quantique au cœur des inquiétudes sur le Bitoin

Le risque quantique évoqué par O’Leary repose sur une possibilité théorique. Un ordinateur assez puissant pourrait un jour déchiffrer certains mécanismes cryptographiques et falsifier les signatures numériques qui sécurisent les portefeuilles. L’industrie utilise le terme « Q-Day » pour désigner ce moment potentiel, même si aucun appareil actuel ne permet une telle attaque.

Les estimations restent très différentes concernant l’arrivée d’une machine capable de réaliser une opération de cette ampleur. Certaines projections évoquent le début des années 2030, tandis que d’autres ne donnent aucune échéance précise. Cette incertitude suffit toutefois à nourrir le débat sur la sécurité à long terme des infrastructures numériques. Le sujet ne concerne donc pas uniquement la valeur du bitcoin. Il touche aussi la confiance accordée aux signatures, aux portefeuilles et aux infrastructures qui assurent les transactions.

O’Leary observe aussi l’apparition d’un marché autour de cette question. Certains investisseurs financent des entreprises qui développent des logiciels liés à l’informatique quantique. Cette approche revient à miser sur les solutions capables de renforcer la sécurité, tout en profitant d’une évolution technologique qui pourrait devenir une partie importante de la chaîne de valeur numérique.

La tokenisation change sa lecture du marché

Lors du sommet Avalanche de New York, O’Leary est aussi venu défendre une vision plus large de la blockchain. Il portait une carte unique de Shohei Ohtani, acquise par son groupe de collectionneurs pour 11 millions de dollars. Pour lui, cet objet illustre une évolution possible : les actifs de collection pourraient eux aussi rejoindre des registres numériques.

Cette réflexion accompagne l’évolution réglementaire américaine mentionnée durant l’entretien. La SEC a publié son « Innovation Exemption », qui autorise des plateformes agréées à négocier des actions tokenisées. Ces jetons représentent des titres cotés et circulent sur une blockchain, au lieu de passer uniquement par les marchés traditionnels.

O’Leary considère alors les cryptomonnaies et la numérisation comme un secteur transversal. Selon sa présentation, cette industrie pourrait servir les autres secteurs du marché plutôt que fonctionner isolément. Sa propre allocation illustre cette prudence : il limite normalement une action à 5 % et un secteur à 20 %, tandis que les cryptomonnaies ont atteint jusqu’à 23 % de son portefeuille sur les sept dernières années. Dans ce scénario, le bitcoin ne serait plus analysé seul, mais comme une composante d’un système numérique. Sa place dépendrait de la sécurité du réseau et de son adoption.

D’Ethereum aux blockchains choisies par secteur

Il y a dix-huit mois, O’Leary défendait une approche différente. Il estimait que l’achat de bitcoin et d’Ethereum permettait de capter une grande partie de la volatilité du marché, avec l’idée que l’adoption d’Ethereum finirait par s’imposer. Cette hypothèse ne s’est finalement pas concrétisée comme prévu, ce qui l’a conduit à revoir son raisonnement.

Désormais, il envisage plutôt une organisation où chaque secteur choisirait la blockchain correspondant à ses besoins. Les objets de collection sportifs pourraient ainsi utiliser Avalanche, tandis que les plateformes d’échange pourraient retenir une autre infrastructure. Dans cette lecture, la concurrence ne se joue plus uniquement entre actifs numériques, mais entre réseaux capables de soutenir des usages différents.

O’Leary ne pense d’ailleurs pas qu’Ethereum conservera nécessairement cette place. Il juge notamment que sa vitesse et sa sécurité ne répondent pas, selon lui, à toutes les exigences futures. Cette évolution pourrait aussi modifier la manière dont les investisseurs évaluent le bitcoin. Ils devraient suivre les progrès de la cryptographie et les solutions de protection. Son scénario repose plutôt sur l’adoption d’une infrastructure par une grande plateforme de tokenisation, avec une valeur potentiellement accrue pour le jeton associé au réseau choisi.

L’IA, l’énergie et les infrastructures au centre

Cette logique d’infrastructure se retrouve également dans la manière dont O’Leary aborde l’intelligence artificielle. Plutôt que de choisir un modèle précis, il préfère investir dans les ressources nécessaires à leur fonctionnement. Selon lui, l’IA dépend directement de l’énergie, ce qui place les terrains, les réseaux et les capacités électriques au centre de sa stratégie.

Son portefeuille comprend BitZero, ancienne société de minage de bitcoins devenue entreprise énergétique cotée au Nasdaq. Elle possède notamment des terrains, des infrastructures de fibre optique et des permis en Norvège et en Finlande. O’Leary détient aussi des projets de centrales électriques privées en Alberta et en Utah, ainsi qu’une exposition à l’uranium.

Il s’intéresse enfin aux petits réacteurs modulaires, conçus comme des unités nucléaires plus compactes. Il estime que ces installations pourraient répondre aux besoins des centres de données américains. Dans son raisonnement, l’uranium devient donc une ressource stratégique, au même titre que les infrastructures nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.

Cette approche traduit une volonté de miser sur les outils plutôt que sur un vainqueur unique. Elle rejoint son idée selon laquelle les infrastructures pourraient capter une part significative de la valeur créée par la transformation numérique. Dans ce cadre, le bitcoin reste lié à une question plus large : celle de la sécurité et de l’utilité des réseaux qui soutiennent cette nouvelle économie.

La trajectoire vers 1 million de dollars dépend donc, dans la vision présentée par Kevin O’Leary, de plusieurs conditions technologiques et institutionnelles. La question quantique occupe une place centrale, tandis que la tokenisation, les infrastructures énergétiques et l’évolution des blockchains complètent son analyse. Il estime aussi que la réglementation américaine jouera un rôle dans cette évolution, notamment autour du Clarity Act, dont il ne prévoit pas l’adoption avant les élections de mi-mandat. Le débat reste ainsi ouvert, entre potentiel de croissance et contraintes de sécurité.

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Ghiles A.

Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.