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Réforme bancaire : L’UE veut libérer des milliards pour financer son économie

15h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Lydie M.
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L’Union européenne (UE) prépare une réforme bancaire destinée à libérer davantage de capitaux pour financer son économie. Bruxelles veut réduire les barrières nationales qui empêchent les banques de déplacer facilement leurs ressources au sein du marché unique. L’enjeu est immense : combler un déficit annuel d’investissement estimé à 1 400 milliards d’euros.

Une responsable de l'UE ouvre un coffre bancaire d’où s’échappent des fonds destinés à financer l’économie.

En bref

  • L’UE prépare une réforme bancaire pour réduire les barrières entre ses marchés.
  • La simplification pourrait libérer plus de 2 000 milliards d’euros de crédits.
  • Les premières propositions législatives sont attendues en 2027.

La réforme bancaire veut remettre le capital en circulation

La réforme bancaire européenne cible un problème de structure : une partie importante des ressources reste bloquée dans les filiales nationales. Malgré les progrès de l’union bancaire, les grands groupes doivent encore satisfaire des exigences de capital et de liquidité à plusieurs niveaux.

Cette organisation immobiliserait près de 225 milliards d’euros de capital et 250 milliards d’euros de liquidités. Ces réserves renforcent la solidité des filiales, mais elles limitent aussi la capacité des banques à déplacer rapidement leurs fonds vers les secteurs ou les pays qui en ont le plus besoin.

Bruxelles envisage donc une supervision davantage centrée sur l’ensemble du groupe bancaire. Les maisons mères gagneraient en souplesse pour répartir leurs ressources. En échange, elles pourraient être légalement tenues d’intervenir lorsqu’une filiale rencontre des difficultés.

L’enjeu dépasse la simple organisation interne des banques. Selon le secteur, des règles plus cohérentes pourraient créer plus de 2 000 milliards d’euros de capacité de crédit supplémentaire. Il ne s’agit pas d’une enveloppe disponible du jour au lendemain, mais d’un potentiel de financement rendu possible par une utilisation plus efficace du capital.

Cette marge compte particulièrement en Europe, où les banques assurent encore environ 65 % du financement de l’économie réelle. Les entreprises, les ménages et les projets d’infrastructure dépendent donc fortement de leur capacité à prêter. Aux États-Unis, une part plus importante du financement passe directement par les marchés.

L’Union européenne doit pourtant accélérer ses investissements dans la défense, l’énergie, l’intelligence artificielle et la modernisation industrielle. Son déficit annuel de financement atteindrait près de 1 400 milliards d’euros. Sans mobilisation plus efficace de l’épargne et du capital bancaire, l’écart avec les États-Unis et la Chine pourrait encore se creuser.

Bruxelles veut enfin décloisonner les banques européennes

La réforme bancaire veut permettre aux banques de déplacer plus facilement leur capital et leurs liquidités d’un pays européen à l’autre. Aujourd’hui, le marché unique existe sur le papier, mais les groupes bancaires restent largement organisés autour de filiales nationales.

Chaque État cherche à retenir les ressources sur son territoire pour protéger son système financier en cas de crise. Cette logique rassure les autorités locales, mais elle freine les banques paneuropéennes et réduit leur capacité à financer les entreprises là où les besoins sont les plus urgents.

Bruxelles veut assouplir ces barrières sans revenir sur les garde-fous instaurés après 2008. La BCE accepte une simplification des règles, mais refuse pour l’instant une baisse générale des exigences de fonds propres. L’objectif est de mieux faire circuler le capital, pas de rendre les banques moins solides.

Les banques demandent des règles plus simples. Les régulateurs redoutent une déréglementation déguisée. Les États, eux, veulent conserver le contrôle de leurs systèmes financiers. Ces intérêts contradictoires rendent les négociations difficiles.

Pourtant, l’enjeu dépasse le secteur bancaire. L’Europe doit mobiliser davantage d’épargne pour financer son industrie, ses infrastructures, l’innovation et la transition énergétique. Elle cherche aussi à renforcer le rôle de l’euro face au dollar.

Bruxelles devra surtout montrer où ira l’argent libéré. Si la réforme améliore uniquement les bilans des grandes banques, elle sera contestée. Si elle augmente réellement les prêts aux entreprises et aux projets stratégiques, elle pourra réduire la dépendance de l’Europe aux capitaux étrangers et renforcer sa souveraineté financière.

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Lydie M.

Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.