Trump envisage de prendre le contrôle du pétrole iranien
D’après une nouvelle déclaration de Donald Trump, le pétrole iranien deviendrait un objectif durable de la présence américaine. Le président évoque un maintien des États-Unis en Iran sur le modèle du Venezuela, sans pour autant présenter d’accord ni de calendrier précis.

En bref
- Donald Trump envisage de maintenir une présence américaine en Iran pour conserver un accès au pétrole du pays.
- Le président compare ce scénario au modèle vénézuélien, dont les modalités restent encore incertaines.
- Les tensions au Moyen-Orient poussent le Brent et le WTI au-dessus de 100 dollars le baril.
- L’arrêt de l’oléoduc Est-Ouest saoudien et les perturbations dans le détroit d’Ormuz accentuent les tensions sur l’offre mondiale.
- Aucun accord ne définit à ce stade les conditions d’une présence américaine prolongée en Iran.
Trump conditionne le retrait américain au pétrole iranien
Ce 13 septembre, Donald Trump a abordé cette possibilité, au cours d’un déplacement en Irlande. Interpellé sur le conflit en Iran, il a laissé entendre que Washington prolongerait son engagement pour conserver un accès aux ressources pétrolières du pays.
Le président américain a donc indiqué : « nous finirons par quitter l’Iran, sauf si nous décidons de rester et de garder le pétrole comme au Venezuela ». Toutefois, cette déclaration représente une hypothèse politique. La Maison-Blanche n’a diffusé aucun mécanisme susceptible de permettre au pays de l’Oncle Sam de contrôler ou d’exploiter le pétrole iranien.
Les principaux éléments relatifs à cette intervention permettent de mesurer sa portée, mais également ses limites :
- Trump envisage un départ américain d’Iran, sauf décision de rester pour le pétrole ;
- Il compare ce scénario à l’accord énergétique annoncé avec le Venezuela ;
- Il pense que la guerre prendrait fin en 2026, peut-être après les élections de mi-mandat de novembre ;
- Il projette une forte baisse du prix de l’essence une fois le conflit terminé.
Le président américain indique aussi que l’Iran sollicité régulièrement des négociations de paix. Des affirmations similaires avaient déjà été contestées par Téhéran. Trump souligne qu’il pourrait accepter exclusivement le « bon accord », sans fournir de détails sur les conditions nécessaires à sa conclusion.
Le modèle vénézuélien reste entouré d’incertitudes
La comparaison avec le Venezuela renvoie à un accord communiqué par Trump à la fin du mois d’août. En effet, Washington cherche à garantir aux sociétés américaines un accès durable à une partie des innombrables réserves pétrolières du pays.
Le projet pourrait concerner plus de 65 milliards de barils, soit près d’un cinquième des réserves officielles du Venezuela, d’après les informations publiées. Des entreprises américaines obtiendraient des droits sur certains champs grâce à des partenariats privés, des concessions ou d’appels d’offres.
Cependant, les modalités complètes d’un tel arrangement ne sont pas publiques. Selon le droit vénézuélien, l’État a un rôle capital dans l’exploitation pétrolière, ce qui compliquerait sa mise en œuvre.
Trump soutient que les revenus issus du Venezuela ont déjà « payé la guerre plusieurs fois ». Aucun chiffre permettant de vérifier cette affirmation n’a été fourni. Le précédent invoqué pour l’Iran reste donc lui-même incomplet sur les plans financier, opérationnel et juridique.
La crise fait remonter le pétrole au-dessus de 100 dollars
Ces propos interviennent tandis que les tensions au Moyen-Orient perturbent fortement les marchés énergétiques. Le Brent a évolué de plus de 3 % pour avoisiner 108,04 dollars le baril, alors que le WTI américain s’établit autour de 103,54 dollars.
La mise à l’arrêt de l’oléoduc Est-Ouest en Arabie Saoudite consolide les craintes. Cette infrastructure peut transporter près de quatre millions de barils par jour vers le port de Yanbu, en contournant le détroit d’Ormuz. Son indisponibilité menace environ 4 % de l’approvisionnement pétrolier mondial et les réparations dureraient jusqu’à six semaines.
Les flux commerciaux qui passent par le détroit d’Ormuz ont également fortement régressé. Une rencontre entre l’Iaran et d’autres pays du Golfe consacrée à la réouverture de cette voie stratégique a été reportée faute de consensus.
Trump indique que le cours de l’essence « chutera comme une pierre » après la guerre. Une telle baisse pourrait dépendre du rétablissement des exportations, de la sécurité maritime, des capacités de raffinage et de la durée des réparations saoudiennes.
Aucun accord ne permet encore à Washington de rester
Les déclarations de Trump ne définissent aucunement les conditions d’une présence américaine prolongée. Ils ne soulignent ni les champs concernés, ni les sociétés privées, ni la répartition d’éventuels revenus. L’Iran, un membre des BRICS, n’a pas non plus validé un dispositif comparable à celui invoqué au Venezuela.
De nombreux indicateurs permettront d’évaluer la véracité de ce scénario. Une proposition officielle de Washington, une réponse publique de Téhéran et un accord sur le détroit d’Ormuz représenteraient les premières étapes tangibles.
En attendant, les propos servent surtout à relier la stratégie américaine en Iran à la sécurité énergétique. Sans plan détaillé, la possibilité de « garder le pétrole » demeure une intention politique, et non une décision applicable.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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