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Un ancien agent du FBI reconnaît avoir volé 2,47 millions de dollars en cryptos

9h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Fenelon L.
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Patrick Steven Yaroch, 37 ans, a plaidé coupable jeudi de fraude électronique et de blanchiment devant le tribunal fédéral d’Alexandrie. L’ancien agent de contre-espionnage a détourné 2 474 380,66 dollars en cryptos depuis les systèmes du FBI, en utilisant les identifiants saisis dans 35 enquêtes.

Un ancien agent du FBI serre un sac rempli de Bitcoin et de dollars, tandis qu'un enquêteur découvre sa trahison spectaculaire.

En bref

  • Entre décembre 2024 et juillet 2026, Yaroch a réalisé près de 100 transferts frauduleux depuis des portefeuilles crypto saisis par le FBI.
  • Il a ensuite déplacé les fonds entre plusieurs comptes, remboursé ses dettes et préparé son installation au Portugal.
  • Il risque jusqu’à 20 ans de prison. Le tribunal a fixé son jugement au 4 mars 2027 (dossier 1:26-CR-208).

Des accès confidentiels transformés en portefeuille crypto personnel

L’ancien agent connaissait bien les rouages de l’institution. Entre 2017 et début 2025, il travaillait à la division de Boston, au sein d’une équipe chargée d’un État-nation adverse. En février 2025, il a rejoint la division du contre-espionnage. Il pouvait alors consulter des systèmes contenant les identifiants crypto récupérés par le FBI.

Ces accès lui donnaient notamment la possibilité d’ouvrir des portefeuilles appartenant à des personnes visées par des enquêtes, à des acteurs étatiques étrangers et même à un portefeuille créé par le FBI pour une opération.

Yaroch avait pourtant commencé à exploiter ces informations dès décembre 2024, avant sa mutation. Son procédé ne variait guère : il transférait les cryptos, les échangeait contre d’autres actifs numériques, puis multipliait les mouvements entre différents comptes pour compliquer le suivi des fonds. Une technique qui rappelle certaines affaires de blanchiment impliquant des hackers et des services de mixage crypto.

Au total, les enquêteurs ont recensé environ 100 transferts répartis sur 35 dossiers, pour un montant de 2 474 380,66 dollars.

Mais le préjudice dépasse largement la somme volée. Les opérations de Yaroch ont aussi compromis des enquêtes visant des groupes criminels et des États étrangers. Elles ont notamment exposé des sources et des méthodes utilisées par le FBI pour recueillir des renseignements.

Du blanchiment à un projet de vignoble au Portugal

Yaroch ne s’est pas contenté de déplacer les fonds. Entre le 25 novembre 2025 et le 13 janvier 2026, il a transféré environ 93 082 dollars sur un compte, avant de répartir cet argent entre plusieurs dépenses : cartes de crédit, voiture et remboursements de prêts.

Pour le reste, il envisageait un changement de vie. D’après les documents judiciaires publiés par le ministère américain de la Justice, il a même interrogé ChatGPT sur les meilleurs moyens de faire fructifier son argent et sur le pays de l’Union européenne où s’installer.

La suggestion du chatbot ? Acheter un vignoble au Portugal. Un projet de reconversion plutôt ambitieux pour quelqu’un qui venait de détourner des millions de dollars.

Il a ensuite commencé à préparer son installation. Le 15 juin 2026, il a donné procuration à des avocats portugais afin qu’ils obtiennent pour lui un numéro d’identification fiscale et les accès à son portail financier. Il prévoyait également un voyage en septembre 2026.

Un vol qui a aussi compromis des enquêtes fédérales

Les autorités ont annoncé l’affaire par l’intermédiaire de Theophani K. Stamos, première assistante du procureur fédéral du district est de Virginie, et de Daniel S. Wierzbicki, responsable du contre-espionnage au bureau de Washington. La juge Patricia Tolliver Giles a accepté le plaidoyer de culpabilité.

Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que Yaroch reconnaissait des transferts illégaux. En août, il avait déjà admis avoir déplacé sans autorisation environ un million de dollars. L’enquête a finalement révélé un montant deux fois et demie supérieur.

Au-delà de la fraude, cette affaire soulève une question embarrassante sur la gestion des actifs numériques saisis par les autorités. Détenir les clés privées d’un portefeuille ne suffit pas : encore faut-il contrôler les accès et empêcher ceux qui enquêtent de devenir eux-mêmes les suspects.

Yaroch risque désormais jusqu’à 20 ans de prison. Une affaire qui rappelle que la sécurité et la garde des actifs numériques ne reposent pas uniquement sur la technologie, mais aussi sur la confiance accordée à ceux qui la manipulent.

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Fenelon L.

Passionné par le Bitcoin, j'aime explorer les méandres de la blockchain et des cryptos et je partage mes découvertes avec la communauté. Mon rêve est de vivre dans un monde où la vie privée et la liberté financière sont garanties pour tous, et je crois fermement que Bitcoin est l'outil qui peut rendre cela possible.

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