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Une étude de la Banque d'Italie remet en question les avantages des stablecoins

15h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Ghiles A.
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Les stablecoins occupent une place croissante dans les paiements internationaux, mais leur efficacité continue d’alimenter les débats. Une étude de la Banque d’Italie s’est penchée sur leurs performances face aux solutions traditionnelles de transfert. Les chercheurs ont comparé les coûts, les délais et les obstacles rencontrés lors de plusieurs opérations transfrontalières. Le marché des stablecoins poursuit sa progression, tandis que la réglementation façonne progressivement son développement et ses usages.

Illustration représentant un transfert international en stablecoins, avec des devises fiduciaires, une carte du monde et des infrastructures financières symbolisant les défis des paiements transfrontaliers.

En bref

  • Une étude de la Banque d’Italie montre que les frais de conversion en monnaies fiduciaires représentent la majeure partie du coût des transferts en stablecoins.
  • Les transferts en stablecoins sont réglés en moins de 20 minutes lorsque des systèmes de paiement instantané sont disponibles, sinon ils prennent un à deux jours.
  • Les chercheurs estiment que le développement des infrastructures de paiement est essentiel pour améliorer l’efficacité des transferts transfrontaliers.
  • Le marché des stablecoins atteint désormais environ 307 milliards de dollars, en hausse d’environ 16 % sur un an.

Les coûts des stablecoins restent largement liés aux conversions en monnaie fiduciaire

L’étude de la Banque d’Italie montre que les frais de conversion entre monnaies fiduciaires expliquent l’essentiel des écarts de coût observés. Les chercheurs précisent que les frais liés à la blockchain représentent seulement une faible partie du montant total payé lors des transferts en stablecoins. Les opérations d’entrée et de sortie des devises locales concentrent donc la majorité des dépenses. Cette observation nuance l’idée selon laquelle la technologie blockchain réduit automatiquement le coût des paiements internationaux.

Pour parvenir à cette conclusion dans leur étude, les chercheurs ont réalisé 200 transferts en dollars numériques USDC. Ils ont étudié dix corridors de paiement bidirectionnels reliant l’Italie au Brésil, à l’Argentine, au Japon, aux Émirats arabes unis et à l’Afrique du Sud. Les coûts globaux des transferts en stablecoins variaient entre 0,3 % et près de 9 % selon les destinations étudiées. Les différences provenaient principalement des opérations de change et des infrastructures locales.

Les résultats montrent également que ces transferts étaient souvent moins coûteux que le coût moyen mondial de 6,65 % estimé par la Banque mondiale. En revanche, ils ne dépassaient les tarifs proposés par Wise que dans trois des sept corridors comparables. Les chercheurs soulignent ainsi que les économies potentielles dépendent fortement des marchés concernés plutôt que de la seule technologie utilisée.

Les infrastructures de paiement influencent directement les délais de règlement

Les auteurs de l’étude estiment que la qualité des réseaux de paiement nationaux détermine largement la rapidité des transferts. Lorsque des systèmes de paiement instantané étaient disponibles, les opérations en stablecoins étaient réglées en moins de vingt minutes. À l’inverse, les paiements nécessitaient entre un et deux jours ouvrables dans les pays dépourvus de ces infrastructures. Les performances dépendaient donc davantage des réseaux financiers existants que de la blockchain.

Les chercheurs considèrent qu’un investissement accru dans les infrastructures de paiement instantané pourrait renforcer la compétitivité des paiements transfrontaliers. Ils estiment également que les bénéfices économiques augmenteraient si les utilisateurs pouvaient dépenser directement leurs stablecoins dans l’économie réelle.

Si les stablecoins pouvaient être dépensés directement dans l’économie réelle, pour des biens et services, des loyers ou des frais de scolarité, sans reconversion en monnaie fiduciaire locale, les avantages économiques des transferts basés sur les stablecoins seraient considérablement plus élevés.

BANCA D’ITALIA EUROSISTEMA.

Cette évolution limiterait les conversions vers les monnaies fiduciaires et réduirait plusieurs coûts aujourd’hui inévitables. Les dépenses quotidiennes, les loyers ou encore les frais de scolarité pourraient alors être réglés sans étape intermédiaire.

Cette perspective repose toutefois sur une adoption plus large des paiements en actifs numériques. Tant que les conversions resteront indispensables, elles continueront d’alourdir les coûts et de ralentir certaines opérations. Les infrastructures locales conserveront ainsi un rôle central dans l’efficacité des transferts internationaux.

La réglementation pèse sur le développement des paiements transfrontaliers

L’étude souligne aussi que le cadre réglementaire influence directement l’efficacité des transferts internationaux. Les chercheurs expliquent que les approches prohibitionnistes n’ont pas réduit la demande de stablecoins. Elles ont au contraire poussé certains utilisateurs vers des plateformes offshore ou d’autres circuits non réglementés. Les cadres très restrictifs ont également rendu les opérations plus complexes pour les particuliers.

Ces conclusions interviennent alors que plusieurs juridictions renforcent leurs règles applicables aux actifs numériques. L’Union européenne applique désormais son cadre MiCA, tandis que les États-Unis ont adopté la loi GENIUS pour les stablecoins de paiement. Ces dispositifs encadrent désormais une partie importante des activités liées aux paiements numériques. Leur mise en œuvre pourrait influencer les conditions d’utilisation dans les années à venir.

Selon les données de DefiLlama, le marché des stablecoins atteint désormais environ 307 milliards de dollars, en hausse d’environ 16 % sur un an. Les prochaines évolutions dépendront à la fois des infrastructures de paiement, des mécanismes de conversion et des cadres réglementaires mis en place dans chaque région.

L’étude de la Banque d’Italie montre ainsi que les performances des stablecoins dans les paiements transfrontaliers ne dépendent pas uniquement de la blockchain. Les écarts de coûts et de délais restent surtout liés aux conversions en monnaies fiduciaires, aux infrastructures locales et aux règles appliquées dans chaque juridiction. Malgré des résultats parfois plus avantageux que les solutions traditionnelles, les stablecoins ne garantissent donc pas automatiquement des transferts moins chers ou plus rapides. Leur compétitivité future reposera principalement sur l’amélioration des réseaux de paiement, la réduction des frictions liées au change et l’adoption de cadres réglementaires capables de soutenir leur utilisation dans l’économie réelle.

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Ghiles A.

Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.