Élection au Brésil : Les marchés prédictifs battent les sondages au premier tour
Flávio Bolsonaro a devancé le président sortant Lula au premier tour de la présidentielle brésilienne, avec 47,03 % des voix contre 45,16 %, renvoyant l’issue à un second tour le 25 octobre. Les sondages donnaient Lula gagnant ; les plateformes de prédiction, elles, voyaient l’avance du sénateur depuis septembre. Un démenti qui relance le débat sur leur fiabilité, alors qu’elles sont bloquées au Brésil.

En bref
- Flávio Bolsonaro (47,03 %) a devancé Lula (45,16 %) au premier tour ; le second tour aura lieu le 25 octobre.
- Sur Polymarket, la cote du sénateur est passée d’environ 22 % en juillet à plus de 80 % après le scrutin.
- Les paris sur les scrutins sont interdits au Brésil depuis un règlement entré en vigueur en mai.
Un premier tour à contretemps des sondages
Déjà sous le feu de la critique au Royaume-Uni, les marchés prédictifs ont suivi de près la campagne au Brésil. Dimanche, les résultats ont toutefois montré un écart avec les principales enquêtes d’opinion.
Flávio Bolsonaro, sénateur et fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, a recueilli 47,03 % des suffrages, contre 45,16 % pour Lula. Aucun des deux candidats n’ayant obtenu la majorité absolue, le second tour aura lieu le 25 octobre.
Pourtant, Datafolha plaçait Lula en tête avec 42 % des intentions de vote, contre 38 % pour Flávio Bolsonaro. D’autres sondages annonçaient également un scrutin très serré.
Après l’annonce des résultats, Lula a reconnu avoir pensé pouvoir gagner dès le premier tour et a appelé ses soutiens à poursuivre la campagne.
J’étais certain de gagner l’élection dès le premier tour. Bolsonaro représente une incertitude pour le pays.
Les cotes avaient basculé dès septembre
Sur Polymarket, le contrat consacré à l’élection brésilienne, lancé en septembre 2025, a dépassé 171 millions de dollars d’échanges cumulés.
Début juillet, Flávio Bolsonaro affichait environ 22 % de chances selon les cotes de la plateforme, contre 60 % pour Lula. Puis, à partir de septembre, la tendance s’est inversée. Le 20 septembre, le sénateur atteignait environ 58 %, tandis que Lula reculait à 42 %. Kalshi affichait une évolution comparable.
Après le premier tour, la cote de Flávio Bolsonaro a grimpé autour de 82 %, contre 17,5 % pour Lula, selon les données relevées lundi.
Le scrutin américain de 2024 avait déjà attiré l’attention sur cet écart entre sondages et marchés prédictifs. Pour les élections de mi-mandat, les deux approches convergent cette fois vers un scénario démocrate.
Des marchés sans électeurs brésiliens
Cette comparaison mérite toutefois une nuance importante. La Résolution 5.298 du Conseil monétaire national, entrée en vigueur le 4 mai, interdit les dérivés liés aux événements politiques, électoraux, sportifs ou culturels.
Le ministère des Finances a ensuite ordonné le blocage de 27 plateformes, dont Polymarket. En juillet, cette dernière a limité les comptes brésiliens à la fermeture de leurs positions. Autrement dit, les participants qui ont influencé ces marchés n’étaient pas représentatifs des électeurs brésiliens.
Le phénomène dépasse d’ailleurs le Brésil. En France, Polymarket a été bloqué avant une présidentielle 2027 déjà très suivie sur la plateforme. Les réactions d’Elon Musk sur X fin septembre ont également contribué à attirer l’attention sur ces marchés.
Le second tour du 25 octobre apportera donc un nouvel éclairage sur l’écart entre sondages et marchés prédictifs. Mais leur audience particulière reste un élément essentiel à prendre en compte dans l’analyse de leurs résultats. Leur rôle continue d’ailleurs de susciter le débat.
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