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La Banque d’Angleterre teste l’interopérabilité entre stablecoins et livre numérique dans le commerce transfrontalier

13h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Evans S.
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La Banque d’Angleterre prépare déjà la cohabitation entre stablecoins et livre numérique. Son Digital Pound Lab teste un paiement transfrontalier dans lequel un exportateur reçoit une avance en stablecoin avant qu’un importateur britannique ne règle l’opération avec des livres numériques simulées. Londres n’a pourtant toujours pas décidé de lancer sa CBDC.

Des stablecoins traversent une passerelle numérique vers une livre sterling digitale au cœur de Londres.

En bref

  • La Banque d’Angleterre teste un paiement réunissant stablecoins et livre numérique simulée.
  • L’expérience concerne notamment le financement des PME actives dans le commerce international.
  • Le Royaume-Uni n’a toujours pas décidé de lancer officiellement sa livre numérique.

Les stablecoins entrent dans le Digital Pound Lab

Le test est mené avec NOBO Finance, Dun & Bradstreet et Polygon Labs. Il arrive alors que la Banque d’Angleterre travaille déjà sur un nouveau cadre pour les stablecoins en livres sterling.

Le scénario retenu concerne une entreprise qui vend des marchandises à l’étranger. L’exportateur reçoit d’abord une avance via un système utilisant un stablecoin. L’acheteur situé au Royaume-Uni effectue ensuite le règlement avec une livre numérique simulée.

Pas encore de vrais clients ni de vraies livres numériques cependant. Le Digital Pound Lab fonctionne comme un environnement de test. La Banque d’Angleterre précise d’ailleurs que les expérimentations qui y sont réalisées ne présagent pas de ses futures décisions.

La livre numérique britannique reste donc hypothétique.

Cela n’empêche pas la BoE d’en tester les usages. Et surtout ses connexions avec les autres moyens de paiement. Une éventuelle CBDC britannique devra en effet pouvoir circuler avec les dépôts bancaires, les systèmes de paiement existants et probablement les stablecoins. L’expérience actuelle donne une première idée de ce mélange.

Le commerce transfrontalier intéresse particulièrement Londres

Le choix du commerce international n’est pas un hasard. Les PME qui exportent peuvent attendre plusieurs jours avant de recevoir leur argent après l’expédition des marchandises. Ce délai immobilise leur trésorerie et complique parfois l’accès au financement.

NOBO Finance veut réduire ce décalage grâce aux stablecoins. Dun & Bradstreet intervient pour les données concernant les entreprises et le risque commercial. Polygon fournit pour sa part l’infrastructure de smart contracts.

Un deuxième chantier est également prévu. Il consiste à créer des profils de crédit réutilisables pour les petites entreprises en combinant les données de transaction, les informations issues de l’open finance et les données commerciales de Dun & Bradstreet.

Paiement et crédit se retrouvent ainsi dans le même projet.

Les stablecoins ont déjà commencé à gagner du terrain dans les transferts internationaux. MoneyGram vient par exemple d’étendre à Solana son infrastructure permettant de convertir espèces et stablecoins. Son service couvre les retraits dans plus de 170 pays.

La Banque d’Angleterre arrive donc sur un terrain où le secteur privé avance déjà. Pour elle, la question est moins de savoir si plusieurs monnaies numériques vont coexister que de déterminer comment elles pourront communiquer entre elles.

Le commerce transfrontalier est un bon endroit pour essayer.

Londres prépare aussi ses règles sur les stablecoins

La Banque d’Angleterre ne travaille pas uniquement sur la livre numérique. En juin, elle a publié de nouvelles propositions concernant les stablecoins systémiques libellés en livres sterling. Les émetteurs pourraient placer jusqu’à 70 % de leurs réserves dans de la dette publique britannique rémunérée.

Un plafond temporaire de 40 milliards de livres par stablecoin systémique est également envisagé. Les anciennes limites prévues pour les avoirs des particuliers et des entreprises ont été abandonnées. La réglementation définitive doit être finalisée avant la fin de 2026 pour une mise en œuvre prévue en 2027.

La modernisation touche aussi les infrastructures bancaires classiques. La BoE souhaite rapprocher son système RTGS et CHAPS d’un fonctionnement presque permanent, y compris le week-end. Les paiements internationaux et la tokenisation font partie des raisons avancées.

Les stablecoins ne sont donc plus traités comme une curiosité crypto à Londres. Ils entrent progressivement dans les discussions sur l’architecture même des paiements britanniques.

Le mouvement dépasse d’ailleurs le Royaume-Uni. L’usage de ces actifs progresse dans les transferts, les cartes crypto et les paiements du quotidien. Les stablecoins représentaient récemment 84 % des dépenses observées sur certaines cartes crypto. Reste la livre numérique. La Banque d’Angleterre continue ses essais sans promettre qu’elle verra un jour le jour. Les stablecoins, eux, n’ont plus besoin d’attendre cette décision.

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Evans S.

Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.

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