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Crypto : Solana se rapproche de l’argent liquide grâce au réseau mondial de MoneyGram

15h07 ▪ 9 min de lecture ▪ par Ariela R.
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Le 11 août 2026 fera certainement partie de ces nombreuses dates à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de la cryptomonnaie. Et pour cause, elle vient de gagner une porte d’entrée grandeur nature vers le cash. Une révolution que l’on doit à MoneyGram qui ouvre officiellement son service Ramps à Solana. Plus qu’une simple annonce, le projet vise un objectif clair : élargir l’usage des actifs numériques au-delà des cartes bancaires et des exchanges crypto.

Solana transforme la crypto en cash mondial grâce à MoneyGram

En bref

  • MoneyGram lance officiellement son service Ramps sur Solana.
  • Le portefeuille Rift devient le premier acteur Solana à intégrer cette solution cash-to-crypto.
  • Le service couvre les dépôts cash dans plus de 25 pays et les retraits dans plus de 170 pays.
  • Solana devient la deuxième blockchain crypto connectée à Ramps, après Stellar.

Solana devient le réseau de paiement physique de MoneyGram

MoneyGram étend son service Ramps à Solana, deuxième blockchain à intégrer cette infrastructure après Stellar. Concrètement, ce cash-to-crypto relie le réseau physique de MoneyGram aux applications, aux wallets ainsi qu’aux exchanges qui tournent sur Solana. Les utilisateurs peuvent déposer des espèces et recevoir des actifs numériques. Inversement, ils auront la possibilité de convertir leurs stablecoins en monnaie locale. Le retrait se fera alors auprès d’une agence.

Cette alliance crypto revêt une importance particulière dans la mesure où MoneyGram compte plus de 60 millions de clients actifs. S’ajoutent à cela :

  • près de 500 000 points de vente physiques ;
  • une présence numérique couvrant plus de 200 pays et territoires.

Ce n’est pas tout ! Le service Ramps permet également des dépôts en espèces dans plus de 25 pays et des retraits dans plus de 170 pays et territoires. Pour l’écosystème crypto Solana, ce chiffre représente une couverture géographique que peu d’acteurs fintech peuvent revendiquer aujourd’hui.

Ces données révèlent néanmoins une dissymétrie fondamentale du service : un utilisateur aura la possibilité de retirer de l’argent cash en échangeant ses stablecoins via MoneyGram. Cependant, il ne pourrait pas forcément déposer du cash liquide dans un bureau MoneyGram pour acheter du SOL.

Cela signifie tout simplement que l’on-ramp reste confiné à des marchés sélectionnés, tandis que l’off-ramp couvre l’essentiel du globe. Pour les développeurs Solana, il s’agit d’un détail technique qui pèse lourd. Certes, ils n’ont plus besoin de négocier des relations bancaires pays par pays grâce à l’API unique. Néanmoins, la promesse d’inclusion financière reste à géométrie variable.

Décryptage : Solana gagne donc avant tout une off-ramp massive, pas une porte d’entrée universelle vers la crypto. Son succès dépendra désormais du nombre d’intégrations, du coût total et de la qualité du parcours utilisateur.

Une infrastructure crypto particulièrement avantageuse pour les développeurs

L’intégration de MoneyGram Ramps dans le Solana Developer Platform constitue un signal fort. Le fait est que les développeurs accèdent désormais à :

  • des SDK ;
  • une sandbox ;
  • une documentation complète.

Le tout, de manière instantanée ! Plus besoin de négocier avec des banques ou de naviguer dans des régulations complexes. Tout est prêt à l’emploi.

D’après le communiqué officiel publié par Solana le 11 août 2026, cette infrastructure crypto ouvre la porte à trois cas d’usage majeurs :

  • Envois transfrontaliers : un travailleur peut recevoir des stablecoins et les convertir en cash localement, sans compte bancaire.
  • Paiement de salaires : les entreprises paient en crypto et les employés retirent en fiat via MoneyGram.
  • Aide humanitaire : les fonds arrivent en on-chain et sont distribués en cash dans des zones difficiles d’accès.

Dans ce sens, la présidente de la Solana Foundation Lily Liu souligne un point important :

Solana est une infrastructure pour les plus de six milliards de personnes sur Internet. En connectant notre écosystème au réseau de MoneyGram, les développeurs peuvent construire des applications financières à utilité réelle, à l’échelle mondiale.

Cette approche tranche avec les projets DeFi purement spéculatifs. En effet, la crypto sert désormais à résoudre des problèmes concrets : inclusion financière, rapidité des paiements, réduction des coûts… Et dans ce contexte, Solana s’impose comme le réseau crypto utility par excellence.

De Stellar à Solana : MoneyGram renforce son offensive sur le marché crypto

MoneyGram ne découvre pas l’univers des cryptomonnaies. Le géant des transferts d’argent y travaille depuis plus de cinq ans. Le 22 juin 2026, il devient notamment validateur actif sur Solana. Il stakait du SOL et traitait des transactions directement sur le réseau crypto. Quelques semaines plus tard, il intégrait la Solana Developer Platform aux côtés de Mastercard.

Le groupe conserve par ailleurs son ancrage sur Stellar. En début juin, il a lancé son propre stablecoin MGUSD en collaboration avec la société de paiements Tempo.

Le lancement de Ramps sur Solana confirme donc une stratégie multichaîne claire. Stellar reste le premier réseau supporté. Solana devient le deuxième. Cette approche multichaîne va bien au-delà d’une simple diversification. Elle révèle une conviction profonde, d’ailleurs confirmée par le PDG de MoneyGram Anthony Soohoo :

L’avenir des paiements repose sur l’accès.

Cette diversification illustre également une tendance de fond dans la finance institutionnelle : les grands groupes de paiement ne parient plus sur une seule blockchain. Ils répliquent leur infrastructure là où se trouve la demande utilisateur et la liquidité crypto disponible.

Ce que cette alliance crypto change pour l’écosystème Solana

La question n’est plus de savoir si MoneyGram peut connecter son réseau à Solana. C’est déjà chose faite ! L’objectif à court et à moyen terme serait plutôt de déterminer :

  • combien de portefeuilles, d’exchanges crypto et d’applications suivront Rift dans les prochains mois ;
  • si cette adoption se traduira par des volumes significatifs de conversions cash-crypto.

Sur le long terme, cette intégration s’inscrit dans une bataille plus large pour l’infrastructure de paiement mondiale. Solana cherche en effet à s’y imposer comme un rail de règlement de référence face à des réseaux concurrents. Le prochain indicateur à surveiller sera donc l’ajout d’autres portefeuilles Solana à Ramps ainsi que l’évolution des volumes échangés via ce nouveau pont entre cash et crypto.

Un nouveau partenariat qui n’est pas sans défis

La conformité et la régulation restent des enjeux majeurs. MoneyGram doit en effet s’assurer que chaque transaction respecte les lois locales, notamment en matière de lutte contre le blanchiment. Les développeurs devront intégrer des vérifications KYC/AML robustes. MoneyGram dispose déjà d’une expertise compliance solide. Néanmoins, échelonner un service dans 170 territoires requiert une agilité réglementaire considérable.

S’ajoute à cela la concurrence. Des acteurs natifs crypto comme MoonPay, Transak ou Ramp Network proposent déjà des solutions similaires. Et ces entreprises sont plus agiles et moins encombrées par des structures héritées. Cependant, elles ne disposent pas du réseau mondial physique de MoneyGram.

Un autre risque à ne pas négliger : la dépendance à Solana. En effet, ce réseau crypto a déjà subi des pannes majeures mettant sa résilience à rude épreuve. Certes, sa stabilité s’est nettement améliorée. Ceci étant dit, une institution comme MoneyGram ne peut pas se permettre d’interruptions de service.

Vers une tokenisation des paiements ? L’avenir après ce partenariat

Ce lancement soulève une question plus large au sein de la communauté crypto : MoneyGram teste-t-il la tokenisation complète de son modèle économique ? Selon les analystes, les signaux convergent :

  • le groupe est déjà validateur sur Solana ;
  • il a intégré la Solana Developer Platform ;
  • il déploie ses rampes via une API ouverte.

Chaque étape rapproche ainsi son infrastructure traditionnelle de la blockchain.

Certains experts DeFi y voient même un précédent. Si MoneyGram réussit à migrer une part significative de ses volumes vers Solana, d’autres institutions suivront. On fait notamment allusion à Mastercard qui est déjà présent sur la Solana Developer Platform. Les banques centrales observent, elles aussi, ce laboratoire grandeur nature. Ces dernières travaillent déjà sur leur CBDC.

Une chose est sûre : le partenariat MoneyGram/Solana va bien au-delà d’une simple annonce marketing. C’est la preuve qu’une institution financière historique de premier plan transforme son cœur de métier en une infrastructure ouverte. Pour Solana, les implications sont tout aussi fortes. Le réseau crypto gagne une légitimité institutionnelle nouvelle. Il ne concurrence plus seulement Ethereum sur la DeFi ou les NFT. Il devient une couche de règlement pour des flux financiers mondiaux.

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Ariela R.

Analyste et rédactrice crypto avec 7 ans d'expérience en journalisme financier numérique. Depuis 2021, j'analyse en profondeur les dynamiques du marché des cryptomonnaies, des ETF et des politiques monétaires qui les impactent. Mon approche combine veille macroéconomique et décryptage des données on-chain pour offrir une perspective factuelle aux investisseurs.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.