Revolut accélère dans la crypto : Stablecoins, trading et paiements au cœur de sa stratégie
Revolut ne se contente plus d’intégrer les cryptomonnaies à son application bancaire. Avec le lancement d’EURR, le développement de Revolut X et ses nouvelles démarches réglementaires, la fintech construit une offre crypto beaucoup plus large. Maxim Krasnov, fondateur de Construct.tech, analyse cette évolution comme un rapprochement entre banque et actifs numériques. Son analyse met notamment en avant le rôle de Bridge, société détenue par Stripe, dans l’émission du stablecoin. Cette stratégie s’étend désormais à plusieurs marchés et plusieurs usages.

En bref
- Revolut lance EURR, son stablecoin en euro émis par Bridge, une société détenue par Stripe.
- La fintech explore aussi un stablecoin en livres sterling dans le sandbox réglementaire de la FCA.
- Revolut X et le staking renforcent son offre de trading et d’investissement en cryptoactifs.
- Revolut poursuit son expansion réglementaire avec MiCA en Europe et une future banque aux États-Unis.
- Stablecoins, trading, paiements et services bancaires pourraient bientôt former un écosystème crypto unifié.
Revolut transforme EURR en passerelle entre banque et blockchain
Revolut a lancé EURR comme son premier stablecoin adossé à l’euro. La fintech a annoncé dans un communiqué le déploiement progressif de ce token auprès de clients éligibles au Danemark, en Pologne et au Portugal. Le lancement s’effectue sur Ethereum et doit permettre de déplacer de la valeur entre monnaie fiat, crypto et portefeuilles externes. Revolut prévoit aussi d’étendre progressivement la disponibilité d’EURR à d’autres marchés.
Un détail distingue toutefois cette opération des créations de tokens entièrement internes. Revolut ne détient pas le rôle d’émetteur d’EURR, puisque Bridge Building assure cette fonction selon le même communiqué. Bridge appartient à Stripe, qui a renforcé son activité dans les infrastructures de stablecoins avec cette société. Revolut conserve ainsi la distribution, l’expérience utilisateur et l’accès au produit depuis son application bancaire. Cette séparation permet à la fintech de s’appuyer sur une infrastructure spécialisée.
C’est précisément ce modèle que souligne Maxim Krasnov, fondateur de Construct.tech, dans son analyse publiée sur LinkedIn. Selon lui, Revolut devient une porte d’entrée vers les marchés on-chain directement depuis une application bancaire. L’intérêt ne repose donc pas uniquement sur la création d’un nouveau stablecoin européen. La combinaison entre distribution massive, services bancaires et accès à la blockchain constitue le véritable enjeu stratégique.

Après l’euro, Revolut expérimente un stablecoin en livres sterling
La stratégie de Revolut ne s’arrête pas à EURR. Au Royaume-Uni, la fintech explore un stablecoin libellé en livres sterling dans le cadre du Regulatory Sandbox de la Financial Conduct Authority. La FCA a indiqué que le projet vise un actif conçu pour conserver une valeur de 1 pour 1 avec la livre. Les réserves associées doivent également être libellées en GBP.
Cette expérimentation reste différente d’un lancement commercial confirmé. La FCA utilise son sandbox pour permettre aux entreprises de tester des produits dans un cadre contrôlé. Revolut fait partie des quatre entreprises retenues dans la cohorte consacrée aux stablecoins. Le régulateur veut notamment observer les usages liés aux paiements, au règlement et au trading crypto.
Cette approche montre surtout que Revolut réfléchit à plusieurs monnaies plutôt qu’à un seul stablecoin. L’entreprise dispose déjà d’un environnement favorable pour relier devises traditionnelles et actifs numériques. EURR apporte cette logique à l’euro, tandis que le projet britannique explore une extension vers la livre. Revolut pourrait ainsi développer progressivement une infrastructure multi-devises adaptée aux transferts et aux usages crypto.
Trading, staking et exchange : Revolut élargit son offre crypto
Le stablecoin constitue seulement une partie de cette stratégie. Revolut développe également Revolut X, une plateforme destinée aux utilisateurs qui souhaitent accéder à des fonctions de trading plus avancées. La plateforme propose notamment des ordres de marché et des ordres à cours limité, ainsi qu’un accès à plus de 300 tokens selon sa présentation actuelle. Elle permet également d’automatiser certaines stratégies grâce à son API.
Cette infrastructure change la place de la crypto dans l’écosystème de Revolut. L’utilisateur occasionnel peut continuer à acheter et vendre des actifs depuis l’application principale. Les traders plus actifs disposent, eux, d’un environnement distinct avec des outils adaptés à leurs besoins. L’API permet notamment de récupérer des données de marché et d’envoyer des ordres de manière programmatique.
Le staking complète cette offre avec une autre source d’usage pour les détenteurs de cryptoactifs. Revolut propose actuellement le staking sur plusieurs réseaux, dont Ethereum, Solana et Polkadot. Les récompenses restent variables et dépendent notamment des conditions propres à chaque réseau. La plateforme précise aussi que les actifs peuvent rester bloqués pendant certaines périodes.
La réglementation devient une pièce centrale de la stratégie Revolut
En Europe, Revolut a déjà renforcé son cadre réglementaire pour ses activités crypto. Revolut Digital Assets Europe Ltd dispose d’une licence CASP accordée par la CySEC à Chypre sous le régime MiCA. Cette autorisation couvre notamment la conservation, les transferts et plusieurs services d’échange de cryptoactifs. La CySEC confirme également l’existence de services transfrontaliers vers d’autres États membres.
Le Royaume-Uni joue un rôle différent dans cette architecture. Revolut y teste son projet de stablecoin GBP avec l’appui du sandbox de la FCA. Cette démarche permet à l’entreprise d’explorer un nouveau produit tout en tenant compte du futur cadre réglementaire britannique. La fintech avance donc sur deux fronts complémentaires, avec MiCA en Europe et l’expérimentation réglementaire au Royaume-Uni.
Aux États-Unis, l’ambition devient encore plus importante. Contrairement à l’affirmation de Maxim Krasnov concernant une « California bank charter », les documents officiels de la CAS et le communiqué du 3 septembre de Revolut indiquent que la fintech a obtenu une approbation pour créer Revolut Bank US, N.A., avec un siège proposé à Stamford, dans le Connecticut. L’OCC a approuvé la demande le 2 septembre 2026, tandis que Revolut parle d’une approbation conditionnelle et précise que d’autres validations restent nécessaires auprès de la FDIC, de la Federal Reserve et de l’OCC. Le lancement de cette banque reste prévu pour 2027.
Revolut avance aussi sur le marché des Émirats arabes unis. En juillet 2026, la fintech a obtenu une approbation de principe de la VARA pour proposer plusieurs services liés aux actifs virtuels. Cette autorisation concerne notamment le courtage, la gestion et l’échange de cryptoactifs. Il s’agit toutefois d’une étape réglementaire préalable et non d’une licence opérationnelle définitive.
Des cryptomonnaies aux paiements : Revolut cherche à fermer la boucle
La dernière pièce du dispositif concerne les paiements. Revolut permet déjà à ses clients d’utiliser une Crypto Card pour dépenser leurs actifs numériques. Ses conditions crypto mentionnent également la possibilité d’acheter, vendre, conserver, transférer et dépenser des cryptoactifs depuis son environnement. Cette intégration rapproche donc directement la détention de crypto et l’usage quotidien de l’argent.
La logique devient alors plus claire lorsqu’on observe l’ensemble des briques. Le trading attire les utilisateurs actifs, tandis que le staking donne une nouvelle utilité aux actifs conservés. Les stablecoins ajoutent ensuite une couche de règlement on-chain entre monnaie traditionnelle et crypto. Les cartes et les paiements peuvent enfin transformer cette valeur numérique en moyen de dépense courant.
L’analyse de Maxim Krasnov prend tout son sens dans cette configuration. Son observation ne porte pas seulement sur EURR, mais sur le rapprochement entre services bancaires et actifs numériques au sein d’un même produit. Revolut construit progressivement une chaîne qui relie trading, stablecoins, services réglementés et paiements. Cette architecture pourrait devenir l’un des principaux axes de différenciation de la fintech face aux exchanges traditionnels et aux banques classiques.
À terme, la prochaine étape pourrait donc dépasser le lancement sommaire de nouveaux tokens. Si Revolut parvient à réunir banque, trading, stablecoins et paiements dans une expérience unique, la crypto pourrait devenir une infrastructure native de ses services financiers. EURR, le projet GBP, Revolut X et la future banque américaine constituent déjà les principales briques de cette évolution. La question sera désormais de savoir jusqu’où Revolut pourra intégrer ces services tout en conservant un cadre réglementaire cohérent sur chaque marché.
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Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.
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