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La baisse de l’or pourrait annoncer d’autres tensions, selon Peter Schiff

9h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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L’or, l’argent, les actions technologiques et le bitcoin ont reculé simultanément le 30 octobre, contrairement au comportement habituel des valeurs refuges. Pour Peter Schiff, cette vente généralisée annonce une tension de liquidité, mais elle peut aussi traduire une ruée temporaire vers le dollar face aux appels de marge.

La scène illustre l’avertissement de Peter Schiff concernant les tensions économiques que pourrait annoncer la baisse de l’or. Au premier plan, l’économiste apparaît préoccupé, pointant vers une immense flèche rouge descendante qui traverse des lingots d’or. Ce mouvement symbolise la chute du métal précieux et les inquiétudes qu’elle suscite. En arrière-plan, un globe terrestre, des éclairs et des nuages menaçants évoquent l’instabilité économique mondiale. Une banque fissurée, des installations pétrolières et des graphiques baissiers renforcent cette atmosphère de crise. L’ensemble présente la baisse de l’or comme un possible signal d’alerte, sans prédire une crise certaine.

En bref

  • L’or, l’argent, le Bitcoin et les actions technologiques ont chuté simultanément le 30 octobre.
  • Peter Schiff estime que cette baisse généralisée pourrait révéler des tensions de liquidité sur les marchés.
  • Face aux appels de marge, certains investisseurs vendent leurs actifs pour récupérer rapidement des dollars.
  • La hausse des taux obligataires, l’inflation persistante et la flambée du pétrole accentuent la pression sur l’or.
  • La séance du 2 novembre pourrait permettre de distinguer une correction temporaire d’une crise de liquidité plus profonde.

La chute de l’or révèle surtout une course aux liquidités

L’or au comptant a perdu 141,60 dollars, soit 3,52 %, pour revenir autour de 3880 dollars l’once. L’argent a chuté encore plus fortement, abandonnant 6,06 % à environ 49 dollars. Les contrats à terme sur l’or ont enregistré leur plus faible clôture depuis octobre 2025.

Ce mouvement a surpris, car les tensions géopolitiques, le recul des actions et le piratage de Binance auraient normalement dû soutenir les métaux précieux. La baisse simultanée de plusieurs classes d’actifs suggère toutefois que certains investisseurs cherchaient davantage du cash qu’un placement défensif.

Les chiffres de la séance montrent l’étendue de ce besoin de liquidités :

  • L’or au comptant a perdu près de 150 dollars en une journée ;
  • L’argent a reculé de plus de 3 dollars ;
  • Le S&P 500 a baissé de 1,8 %, sa pire séance depuis juin ;
  • Le Nasdaq Composite a chuté de 2,9 % ;
  • Intel a plongé de près de 29 % après des prévisions décevantes ;
  • Le bitcoin a touché 76368 dollars après le piratage de Binance.

Lorsqu’une position boursière fortement exposée au levier baisse, l’investisseur doit parfois fournir de nouvelles garanties. Il peut alors vendre ses actifs les plus liquides, y compris ceux qui conservent de bonnes perspectives à long terme. L’or devient dans ce cas une source de liquidités plutôt qu’un refuge immédiat.

Peter Schiff estime que cette correction résulte « d’un problème de liquidité à court terme » susceptible d’apparaître sur les autres marchés dès la semaine suivante.

Il présente donc la baisse des métaux comme une occasion d’achat, et non comme la fin de leur cycle haussier. Cette lecture reste néanmoins une prévision : une séance de vente généralisée ne suffit pas à confirmer une crise de liquidité.

Le pétrole et les taux renforcent la préférence pour le dollar

La demande de liquidités n’est pas la seule explication. L’or subit également la pression d’un environnement monétaire moins favorable. Le taux américain à dix ans évoluait près de 4,93 %, tandis que la Réserve fédérale maintenait son taux directeur entre 3,75 % et 4 %.

Un rendement obligataire élevé augmente le coût d’opportunité de l’or, qui ne verse aucun intérêt. Les investisseurs peuvent obtenir une rémunération en détenant des bons du Trésor ou des liquidités en dollars, sans supporter la volatilité des métaux précieux.

L’inflation complique davantage le scénario. L’indice PCE sous-jacent a progressé de 3,1 % sur un an en septembre, tandis que l’économie américaine a crû de 3,4 % en rythme annualisé au troisième trimestre. Ces chiffres laissent à la Fed peu de raisons d’assouplir rapidement sa politique.

Le pétrole West Texas Intermediate a parallèlement dépassé 104 dollars après une attaque contre un pétrolier dans le détroit d’Ormuz. Une hausse prolongée de l’énergie peut relancer les prix à la consommation et renforcer les anticipations de hausse des taux.

Cette combinaison (pétrole cher, inflation persistante et rendements élevés) explique pourquoi l’or peut baisser malgré les inquiétudes géopolitiques. Les investisseurs ne rejettent pas nécessairement son rôle de réserve de valeur, mais ils privilégient temporairement un dollar immédiatement disponible et rémunéré.

Le bitcoin a subi une pression comparable, aggravée par le vol de 6,3 milliards de dollars chez Binance. Sa baisse ne prouve donc pas que le marché l’assimile à l’or. Les deux actifs ont simplement été vendus pendant la même recherche de liquidités, pour des raisons en partie différentes.

La séance du 2 novembre départagera alerte et vente forcée

L’hypothèse de Peter Schiff pourra être testée dès la réouverture des marchés le lundi 2 novembre. Une nouvelle baisse des actions accompagnée d’un recul de l’or signalerait que les besoins de liquidités continuent de se propager.

À l’inverse, une stabilisation de Wall Street et un rebond des métaux feraient plutôt penser à une vente forcée limitée à une séance. La rupture de l’or sous son support proche de 3975 dollars a pu accélérer mécaniquement les ordres de vente sans annoncer une crise plus profonde.

Trois indicateurs permettront de trancher : les rendements obligataires, le dollar et les appels de marge sur les actions technologiques. Si les taux et le billet vert continuent de monter, l’or pourrait rester sous pression même sans crise de liquidité.

Le signal le plus important n’est donc pas que l’or et le bitcoin ont baissé ensemble. Il réside dans la destination des capitaux. Lors d’un choc, les investisseurs n’ont choisi ni le métal ni la crypto, mais la liquidité en dollars. La durée de ce mouvement déterminera s’il s’agit d’un ajustement temporaire ou du début d’une tension financière plus large.

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Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.