La France accélère la mise en œuvre de DAC8 pour les cryptos
La France vient de franchir une étape décisive (et oh combien importante !) dans la surveillance fiscale des actifs crypto. Fin juillet 2026, un nouveau projet de loi a été présenté en Conseil des ministres. Ce texte doit permettre à Paris de ratifier le CARF. Il s’agit du standard mondial de l’OCDE dédié aux crypto-actifs. Ainsi, vos transactions crypto pourraient bientôt être connues de 48 pays.

En bref
- La France veut autoriser deux accords fiscaux internationaux signés avec 48 autres États et territoires.
- Les transactions crypto réalisées depuis janvier 2026 pourront alimenter les premiers échanges prévus en 2027.
- Identité, montants, volumes et nombre d’opérations figurent parmi les informations concernées.
- Le CARF étendra hors de l’Union européenne le cadre déjà instauré par DAC8.
Crypto : ce que change le projet de loi sur le CARF
Le 27 juillet 2026, le gouvernement français présente un projet de loi destiné à autoriser la ratification du Crypto-Asset Reporting Framework (CARF). Conçu par l’OCDE, ce standard organise l’échange automatique de données fiscales liées aux crypto-actifs entre les pays du monde entier. Il viendra donc compléter la directive européenne DAC8. Celle-ci est déjà transposée en France par l’article 54 de la loi de finances 2025 et appliquée depuis le 1ᵉʳ janvier 2026.
Concrètement, les exchanges crypto collectent déjà l’identité complète de leurs utilisateurs. Cela inclut :
- le nom ;
- l’adresse ;
- la date de naissance ;
- le numéro fiscal.
Elles enregistrent aussi la valeur des portefeuilles crypto ainsi que le détail des transactions.
Jusqu’ici, ces informations circulaient surtout entre les administrations fiscales européennes. Avec le CARF, le périmètre s’élargit largement au-delà de l’Union européenne.
Le calendrier est précis :
- Les premiers échanges de données débuteront en 2027 entre 47 à 48 juridictions engagées.
- Une seconde vague de 28 pays suivra en 2028.
Sur 76 membres du Forum mondial sur la transparence fiscale, la quasi-totalité des grandes économies participera (à l’exception notable des États-Unis). Ils n’ont annoncé une mise en œuvre qu’à partir de 2029.
Comment la France va-t-elle partager vos données crypto avec 48 pays ?
Ce dispositif change la donne pour tout détenteur de crypto résidant en France. Si vous utilisez une plateforme établie en Allemagne ou à Malte, le fisc local transmettra vos informations à la DGFiP. Avec le CARF, ce mécanisme s’étend aussi aux juridictions non européennes.
Les données transmises restent identiques à celles déjà collectées via DAC8 :
- Identité ;
- solde du portefeuille crypto au 31 décembre ;
- montant cumulé des acquisitions et cessions.
Les crypto-actifs concernés couvrent large : tokens décentralisés, stablecoins, certains NFT ainsi que tout ce qui entre dans le champ du règlement MiCA. Seules les monnaies numériques de banques centrales échappent au dispositif.
Le premier échange réel de données doit intervenir au plus tard le 30 septembre 2027 sur les opérations de 2026. Autrement dit, chaque transaction crypto réalisée cette année sera potentiellement visible par une administration fiscale étrangère l’an prochain. Pour Bercy, l’objectif est clair : renforcer la lutte contre la fraude fiscale liée aux cryptomonnaies.
Une démarche qui inquiète déjà une partie de l’écosystème crypto
Plusieurs acteurs ont saisi le Conseil d’État pour contester le décret français de transposition de DAC8. Tel est notamment le cas de la plateforme Bull Bitcoin. Leur argument : la création d’une base reliant identité légale et activité crypto exposerait les utilisateurs à des risques bien réels.
Le contexte français donne d’ailleurs du poids à cette inquiétude. Le pays a enregistré 41 enlèvements liés aux crypto-actifs depuis début 2026. S’ajoutent à cela 19 attaques dites « à la clé anglaise » confirmées en 2025. Le chiffre le plus élevé en Europ ! Selon CertiK, ce type d’agression a bondi de 75 % dans le monde en 2025.
Pour les détenteurs de bitcoin, d’Ethereum ou d’autres actifs numériques, la crainte porte sur la sécurité physique autant que sur la confidentialité fiscale.
Face à ces critiques, l’exécutif met en avant des garde-fous :
- services d’identification officiels ;
- sécurisation des échanges entre administrations.
Le projet de loi doit encore être examiné par le Parlement avant toute ratification définitive du CARF.
Entre lutte contre la fraude et craintes pour la vie privée, ce projet de loi illustre en tout cas la tension croissante autour de la fiscalité crypto. D’autres pays européens devraient néanmoins suivre une trajectoire réglementaire similaire dans les prochains mois. Dossier à suivre de près…
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Je m'appelle Ariela et j'ai 31 ans. J'oeuvre dans le domaine de la rédaction web depuis maintenant 7 ans. Je n'ai découvert le trading et la cryptomonnaie que depuis quelques années. Mais c'est un univers qui m'intéresse beaucoup. Et les sujets traités au sein de la plateforme me permettent d'en apprendre davantage. Chanteuse à mes heures perdues, je cultive aussi une grande passion pour la musique et la lecture (et les animaux !)
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