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L’histoire du bitcoin de la genèse à aujourd’hui

19 min de lecture ▪ par La Rédaction C.
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Le bitcoin est né dans l’un des contextes financiers les plus tumultueux que les États-Unis, voire le monde entier, aient connus. De 2007 à 2009, avec la crise des subprimes, un sentiment de méfiance envers les gouvernements et les banques s’est emparé de la population, l’amenant à remettre en question l’ensemble du système monétaire. Au milieu de cette tourmente, un homme mystérieux a fait son apparition avec une idée qui allait révolutionner les fondements mêmes de la monnaie. Dans ce dossier, découvrez les faits les plus marquants de l’histoire de Bitcoin (BTC) !

Deux bitcoins.

Le mystérieux Satoshi Nakamoto

Le 31 octobre 2008, un certain Satoshi Nakamoto a envoyé le message suivant à une liste de diffusion consacrée à la cryptographie :  « J’ai travaillé sur un nouveau système d’argent électronique qui est entièrement Peer-to-Peer, sans tiers de confiance ». À la suite de ces propos, il a introduit un livre blanc intitulé : « Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System ».

Dans ce document de 9 pages, Satoshi exposait l’idée d’un système de paiement numérique à l’épreuve des doubles dépenses, décentralisé et permettant de réaliser des transactions de façon anonyme. Pour plus de précisions, il renvoyait les lecteurs à un site baptisé Bitcoin.org, qui contiendrait l’intégralité du livre blanc dudit projet. En réalité, deux mois auparavant, ce nom de domaine était enregistré par une personne non identifiée. Il semble qu’il s’agisse de Satoshi lui-même.

Cela dit, il est important de noter que, aux dires de ce dernier, il aurait commencé à travailler sur la conception et le développement de ce projet en 2007. De nombreux projets de monnaie numérique de cette époque l’auraient ainsi inspiré, comme le Bit Gold de Nick Szabo.

Les débuts du bitcoin

Après sa publication, le livre blanc du Bitcoin a suscité l’intérêt de certains spécialistes. Ainsi, ces derniers ont voulu prêter main forte à Satoshi. Finalement, le 3 janvier 2009, le premier bloc du réseau a été extrait

Le 8 janvier, Satoshi a annoncé la sortie de la première version client de la plateforme, Bitcoin v0.1 Release. Cette étape a marqué le début du mining de bitcoin puisqu’elle a permis aux early adopters de prendre part au fonctionnement du protocole.

À l’époque, le logiciel n’était compatible qu’avec le système d’exploitation Windows. Ce n’est que le 17 décembre 2009, avec la version 0.2.0, que la compatibilité avec Linux a été établie.

Le premier bloc

Le 3 janvier 2009, Satoshi Nakamoto a extrait le premier bloc de la blockchain Bitcoin. Baptisé Genesis Block, ce dernier était assorti d’une récompense de 50 BTC. Cependant, contrairement aux récompenses des blocs suivants, les bitcoins issus de ce bloc ne pouvaient pas être transférés. On ignore si cela était dû à une erreur de programmation, ou à une décision délibérée de Satoshi.

À l’intérieur du Genesis Block, le bloc 0, se trouvait la citation suivante : « The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks ». En français, cela se traduit par : « The Times 03/jan/2009 Le chancelier au bord d’un second plan de sauvetage des banques ». Il s’agissait d’une référence à un article paru dans le journal The Times de Londres ce jour-là. Beaucoup ont vu dans ce message un moyen de signaler que le bitcoin était une réponse à la crise financière de 2008.

Le minage du premier bloc de bitcoins a marqué le début de la blockchain et a ouvert la voie à une nouvelle industrie.

Couverture du journal « The Times » le 03 janvier 2009 : « Chancellor on brink of second bailout for banks »
Couverture du journal « The Times » le 03 janvier 2009 : « Chancellor on brink of second bailout for banks »

La première transaction

La première transaction a eu lieu le 12 janvier 2009 entre Satoshi Nakamoto et le cryptographe Hal Finney. Réalisée pendant le bloc 170, elle portait sur une somme de 10 BTC. Finney espérait que le bitcoin devienne une monnaie de référence au niveau mondial.

Cela dit, ce n’est qu’au tout début du mois d’octobre 2009 que le bitcoin a reçu la première estimation officielle de sa valeur. Celle-ci étant déterminée en fonction de son coût de production. À cette période, un BTC correspondait environ à 0,001 dollar.

Par ailleurs, le 12 octobre 2009, le New Liberty Standard, un des premiers exchanges de cryptomonnaies, a arbitré le premier échange de BTC contre du dollar. Un utilisateur du forum BitcoinTalk avait acheté 5 050 bitcoins au prix de 5,02 dollars via PayPal, soit 0,00099 dollar l’unité.

Premier achat avec BTC

Petit à petit, le bitcoin s’est frayé un chemin vers le mainstream, ralliant au passage quelques adeptes. Cependant, bien que le nombre de détenteurs de BTC ait augmenté, il était encore difficile de les échanger sur les plateformes de trading.

L’année 2010 a été mémorable pour le bitcoin, car elle a été le témoin de nombreux événements importants. Parmi eux, l’histoire tristement célèbre de Laszlo Hanyecz, le tout premier mineur de BTC à avoir expérimenté le mining sur GPU. À ce moment-là, les bitcoins étaient très faciles à extraire et Laszlo en détenait un grand nombre. Sur le forum BitcoinTalk, il a proposé de troquer 10 000 BTC contre 2 pizzas. C’est ainsi que, le 22 mai 2010, la première opération de vente au détail impliquant des bitcoins a eu lieu. Pour marquer cet acte historique, la communauté crypto a institué le « Bitcoin Pizza Day », qui se tient chaque année le 22 mai.

C’est également en 2010 que Satoshi Nakamoto choisira de se retirer du projet et de nommer Gavin Andresen comme successeur.

Premier piratage de BTC

Deux mois plus tard, le 15 août 2010, le développeur Jeff Garzik a alerté les membres du forum BitcoinTalk de l’étrangeté d’un bloc particulier. Après analyse, ils ont réalisé qu’une personne malveillante avait profité d’une vulnérabilité dans le code source du bitcoin pour générer 184 milliards de BTC qu’elle avait transférés à deux adresses différentes. Quatre heures plus tard, les contributeurs du projet et les mineurs ont réussi à maîtriser la faille en effectuant la première mise à jour majeure du protocole. Depuis lors, le réseau n’a plus présenté de défaillance notable en matière de sécurité.

Parité avec l’USD

Le 9 février 2011, le bitcoin a atteint la parité avec le dollar. Autrement dit, pour la première fois, un BTC pouvait être échangé contre un dollar. Cette dynamique positive s’est poursuivie jusqu’en juin, lorsque le prix du BTC a frôlé la barre des 32 dollars.

Dans le même temps, d’autres projets de blockchain ont vu le jour. Le premier d’entre eux est Namecoin. Lancé le 18 avril 2011, il s’agit d’une plateforme basée sur le code source du bitcoin et dont le métier était l’enregistrement de noms de domaine décentralisés.

Des bitcoins et des dollars

Premiers concurrents du BTC

Fait intéressant, Satoshi a largement contribué à l’émergence de ce projet. En décembre 2010, dans un fil de discussion BitDNS and Generalizing Bitcoin, il a fourni une piste de solution intéressante sur la façon de générer des noms de domaine dans un environnement décentralisé. Ce qui était auparavant perçu comme impossible.

WikiLeaks adopte le bitcoin

Vers la fin de l’année 2010, la célèbre organisation WikiLeaks a songé à se tourner vers le BTC pour pouvoir récolter des fonds. À l’époque, parce qu’elle avait publié des informations gouvernementales sensibles, elle avait été bannie par les principaux prestataires de services financiers comme VISA, MasterCard et PayPal. 

Sa volonté d’adopter le bitcoin a suscité beaucoup d’enthousiasme au sein de la communauté crypto. Cependant, Satoshi n’était pas très enthousiasmé par cette nouvelle. Il estimait en effet que le projet n’était pas assez abouti pour supporter un tel déploiement. De plus, il craignait que les pressions gouvernementales induites par cette initiative entraînent la fin prématurée du protocole naissant. C’est pourquoi il a demandé à WikiLeaks de ne pas aller au bout de son idée dans ce contexte menaçant. 

L’association a finalement accepté et a choisi de repousser le lancement de son mécanisme de dons en bitcoins à une date ultérieure, lorsque la monnaie aura consolidé sa position. Finalement, ce n’est que le 14 juin 2011, après la première flambée du cours de la reine des cryptomonnaies, que l’adresse de WikiLeaks a été lancée.

Premier exchange crypto

Aux débuts du bitcoin, il n’était pas très accessible au grand public. Pour s’en procurer, il fallait essentiellement être mineur. C’est pourquoi il est devenu primordial de créer des places de marché où les gens pourraient plus facilement obtenir du BTC

Le premier exchange à avoir vu le jour fut le Bitcoin Market. Lancée en mars 2010, cette plateforme permettait aux adeptes de bitcoins d’échanger des cryptoactifs contre du dollar. Initialement, le site acceptait les paiements via Paypal.

Mais en juin 2011, l’exchange a finalement retiré son soutien à Paypal en raison du nombre croissant de transactions frauduleuses. De plus, même si Bitcoin Market s’en sortait bien au départ, la plateforme a rapidement été évincée par ses concurrents, car elle ne pouvait prendre en charge le nombre toujours grandissant de bitcoiners.

Premier vol de BTC

Entre-temps, le 13 juin 2011, un utilisateur du forum Bitcointalk a déclaré s’être fait voler 25 000 BTC. En réalité, un hacker avait corrompu son ordinateur et s’était introduit dans son compte Slush Pool (le tout premier pool de mining) afin de lui voler une partie de ses récompenses de mining. À ce moment-là, il était difficile de remonter la piste des pièces volées, car le seul explorateur de blocs disponible en ligne fonctionnait par intermittence. 

Cependant, les fonds subtilisés ont été tracés jusqu’à une plateforme d’échange où ils avaient été transférés pour être convertis en dollars. À l’époque, le butin était estimé à 5 millions de dollars.

Silk Road ou comment le bitcoin est devenu la monnaie du dark web

Silk Road est une marketplace qui a été lancée en février 2011 pour faciliter les transactions sur le Darknet. C’est principalement à lui que le bitcoin doit sa réputation de monnaie des criminels. Il permettait l’utilisation de BTC pour l’achat de drogues et autres substances non autorisées. Ses utilisateurs l’exploitaient de manière anonyme en utilisant le navigateur TOR. Le site a rapidement gagné en popularité, atteignant un million de transactions par jour. Quelques mois seulement après son lancement, Silk Road a fait l’objet d’une enquête de la DEA, une agence fédérale spécialisée dans la lutte contre le trafic de drogue.

Finalement, en octobre 2013, le FBI a fermé ce site et son créateur Ross Ulbricht a été arrêté et condamné pour sept chefs d’accusation en rapport avec Silk Road. Par la suite, les États-Unis ont procédé à une vente aux enchères d’environ 29 000 BTC saisis dans le cadre de cette affaire.

Histoire du Bitcoin : Mt. Gox, le plus gros hack

Mt. Gox a laissé une marque indélébile dans les annales du BTC, mais pas nécessairement dans le bon sens.

En 2007, Jed McCaleb a enregistré le nom de domaine mtgox.com. Il avait l’intention de l’utiliser pour lancer un projet de commercialisation de cartes à collectionner : « Magic: The Gathering Online eXchange (Mt GoX) ». Très vite, il s’est rendu compte que cette activité n’était pas rentable. Il a toutefois décidé de conserver ce nom de domaine. 

En 2010, il a découvert le bitcoin et a décidé de mettre en place son propre exchange de BTC en utilisant mtgox.com comme nom de domaine. Ce projet, qui a démarré plutôt timidement, a soudainement décollé en 2013. À l’époque, Mt. Gox était le leader des échanges de bitcoins, puisqu’il concentrait plus de 70 % de part de marché dans le monde entier. Cependant, derrière les apparences, se cachaient de lourds secrets.

En effet, de 2011 à 2014, la plateforme aurait subi une série de piratages qui se seraient soldés par le vol de 844 408 bitcoins. Une nouvelle dont la publication a ébranlé l’écosystème, en particulier les millions d’utilisateurs de Mt. Gox qui ont perdu leurs actifs dans cette affaire. Laquelle selon certaines sources, était la conséquence d’une mauvaise gestion. Cette histoire a failli entraîner la chute de la monnaie de Satoshi Nakamoto

Dans la foulée, Mark Karpelès, qui avait acheté une participation de 88 % dans l’exchange en 2011 et en était devenu le PDG, a été accusé de fraude et de détournement de fonds. En outre, le gouvernement américain a saisi 5 millions de dollars parce que l’exchange offrait des services de transfert d’argent aux États-Unis sans licence. Finalement, elle a fait faillite et Karpelès a été condamné le 15 mars 2019 à 2 ans et demi de prison avec sursis et quatre ans de probation pour falsification de données.

Les jeux adoptent le bitcoin

En janvier 2014, Zynga, une société de jeux sociaux, a annoncé qu’elle accepterait désormais le bitcoin comme moyen de paiement. Ceci grâce à un partenariat avec BitPay, une plateforme de paiements en cryptomonnaies. 

À la suite de cette annonce, le cours de la pionnière des cryptomonnaies a bondi au-delà de la barre des 1 000 dollars. Sur Reddit, la société a expliqué que cette décision s’inscrivait dans le cadre d’une approche anticipative pour répondre à la popularité grandissante du BTC. Ainsi, une preuve de concept a été lancée sur sept des jeux appartenant à la marque.

Le même mois, le casino en ligne Vera & John est devenu le premier établissement réglementé à accepter les dépôts en bitcoins. En outre, vers la fin de cette année, Microsoft a également autorisé les paiements en bitcoins pour l’achat des jeux Xbox et des logiciels Windows.

La manne du bitcoin

En 2017, l’intérêt des particuliers pour le BTC a atteint un sommet. Qui plus est, de plus en plus d’entreprises l’acceptaient comme moyen de paiement. Tout ceci a naturellement conduit à une augmentation significative du volume transactionnel. 

Au mois de novembre, cette année-là, le prix du bitcoin a dépassé pour la première fois les 10 000 dollars, alors qu’il venait d’atteindre les 1 000 dollars en janvier. Le marché n’avait toutefois pas dit son dernier mot, et en décembre 2017, le bitcoin a atteint le prix de 19 783 dollars l’unité.

Boom des ICO

Cela dit, à cette période, cette dynamique haussière a été constatée sur l’ensemble du marché des cryptomonnaies. Elle a été influencée par l’arrivée massive d’investisseurs dans le secteur, elle-même impulsée grâce au phénomène baptisé « le boom des ICO ». Les Initial Coin Offering (ICO) représentent le mécanisme de financement de projets le plus prisé de l’industrie. En échange de leur contribution, les investisseurs recevaient des tokens spécifiques au projet sur lesquels ils pouvaient ensuite spéculer. Ce processus a permis aux startups crypto de lever plus de 17,8 milliards de dollars de fonds entre janvier 2017 et juillet 2018. Le hic, c’est que beaucoup de ces projets étaient soit des arnaques, soit des initiatives non formalisées. Ainsi, vers la fin de l’année 2018, cette bulle spéculative a fini par éclater et le marché a dégringolé.

Premier hard fork

Toujours en 2017, le premier projet issu d’un fork de la chaîne principale du réseau Bitcoin a vu le jour. Baptisé Bitcoin Cash, il a été lancé le 1er août à la suite d’un désaccord entre les membres de la communauté sur des questions concernant la scalabilité. Après cette bifurcation, la chaîne bitcoin originale, appelée Bitcoin Core, a poursuivi son fonctionnement habituel.

Le bitcoin devient une monnaie légale

En juin 2021, le Congrès du Salvador a adopté un projet de loi visant à faire du bitcoin la deuxième monnaie nationale officielle. Cette loi est entrée en vigueur le 7 septembre de la même année. Le Salvador est ainsi devenu le premier pays au monde à donner un cours légal au BTC.

Par la suite, le 21 avril 2022, le Parlement de la République centrafricaine (RCA) a également reconnu le bitcoin comme monnaie légale. Le pays est entré dans l’histoire comme étant le premier pays d’Afrique et le deuxième au monde à légaliser le BTC.

Ces quelques temps forts de l’histoire du bitcoin nous montrent qu’à plusieurs reprises, au fil des années, la reine des cryptomonnaies a failli y laisser sa peau. Mais les fondements idéologiques qui la sous-tendent lui ont garanti un succès inégalé. Même s’il a déjà accompli de grandes prouesses au cours de ses quelques années d’existence, le BTC a encore beaucoup à offrir et son ascension ne fait que commencer.

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